4e jour de grève des transports en France
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4e jour de grève des transports en France

La grève des transports s'est poursuivie samedi en France pour le 4e jour avec un trafic très perturbé et un dialogue qui paraissait dans l'impasse.

Les syndicats ont rejeté des offres de négociation trop limitées selon eux sur la réforme des retraites qu'ils contestent.

L'offre de la direction de la SNCF (chemins de fer français) qui détaille avec «accord gouvernemental» le périmètre, les thèmes et le calendrier d'une négociation, «ne répond pas aux enjeux posés par le mouvement», a déclaré le secrétaire général du syndicat CGT majoritaire chez les cheminots, Didier Le Reste.

Plusieurs syndicats ont également opposé une fin de non recevoir à ces propositions de négociation sur la réforme des régimes spéciaux de retraites, fermement défendue par le président Nicolas Sarkozy et emblématique de sa politique de «rupture».

Négocier sur tout

Le responsable de la CGT a maintenu que les syndicats voulaient pouvoir négocier y compris sur les «principes fondamentaux» de la réforme, comme la durée de cotisation (étendue à 40 ans au lieu de 37,5 ans). Des principes dont le gouvernement a souligné à de nombreuses reprises qu'ils étaient «non négociables».

La situation semblait donc dans l'impasse, le Premier ministre François Fillon campant pour sa part sur ses positions et répétant que l'Etat acceptait la négociation jusqu'à une «ligne rouge», celle des principes généraux de la réforme.

Considérant qu'on ne peut pas «négocier et faire grève en même temps», il a demandé aux syndicats d'appeler à la reprise du travail.

Trafic perturbé, Suisse touchée

Mais samedi, malgré un taux de grévistes qui a diminué de moitié par rapport à mercredi, à un peu plus de 30% des cheminots et 23% des employés des transports parisiens, le trafic restait très perturbé dans tout le pays.

Environ 180 TGV (trains à grande vitesse) seulement étaient en circulation contre 500 habituellement, et les liaisons en province n'étaient assurées qu'à 40%. En direction de Genève, et Bâle- Zurich, seul un TGV sur trois circulait. La connection avec Lausanne et Berne a elle été totalement supprimée.

A Paris, le fonctionnement du métro restait très perturbé avec un métro sur cinq en moyenne sur l'ensemble des lignes, et environ 40% pour les bus et les tramways.

Un syndicat pour la reprise du travail

Seul un syndicat, la CFDT-cheminots, a appelé à la reprise du travail dans les chemins de fer, six autres ayant demandé de poursuivre le mouvement.

S'appuyant sur une opinion largement favorable à la réforme des régimes spéciaux de retraite, M. Sarkozy et son gouvernement misent pour leur part sur l'essouflement de la contestation.

Risque de jonction

La presse soulignait cependant samedi le risque d'une jonction la semaine prochaine entre le mouvement des cheminots, celui des fonctionnaires mardi, qui protestent contre la baisse de leur pouvoir d'achat et les réductions de postes prévues, et celui qui a pris de l'ampleur ces derniers jours dans les universités françaises.

Le mouvement étudiant, opposé à une loi sur l'autonomie des universités accusée de mener au désengagement de l'Etat et à un système sélectif, touchait vendredi une quarantaine de campus.

Le président Sarkozy est «à la veille d'un semaine à hauts risques», avançait ainsi le quotidien Le Parisien. Le Figaro (droite) insistait plutôt sur un «bras de fer des minoritaires», annonçant des manifestations «antigrève» à Paris dimanche, et titrant son supplément magazine d'un «Pourquoi Sarkozy a raison de tenir».

(ats)

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