Presse: 50 emplois passent à la trappe chez Edipresse
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Presse50 emplois passent à la trappe chez Edipresse

L'éditeur lausannois Edipresse coupe dans ses effectifs pour faire face à la baisse des rentrées publicitaires et aux mutations frappant le marché des médias.

Edipresse coupe dans ses effectifs. L'éditeur lausannois supprime 50 postes et licencie 25 personnes. La rédaction du quotidien vaudois «24 heures» est la plus durement touchée. Le fort recul du marché publicitaire explique en grande partie ces mesures.

Le groupe vaudois doit optimiser son fonctionnement et réduire ses coûts de 20 millions de francs en deux ans (2009-2010), soit environ 6 % de ses charges. Devant la presse, Théo Bouchat, directeur général d'Edipresse Suisse, a estimé à 10 millions de francs la chute du volume publicitaire pour l'année en cours.

Anticiper

«Nous prenons les devants», a déclaré Théo Bouchat pour expliquer les coupes. «Nos chiffres ne sont pas si mauvais que ça», a-t-il ajouté avant de détailler les 25 licenciements, dont 14 dans les rédactions et 11 dans les autres secteurs.

Six licenciements sont à déplorer à «24 heures», deux au site web «24 heures», un à «24 heures hebdo» et deux au site web de «La Tribune de Genève». En outre, un licenciement est prononcé au «Matin bleu» et deux dans les magazines TV du groupe, selon Théo Bouchat. A cela s'ajoutent 19 retraites anticipées et sept départs non repourvus.

Craintes persistantes

Le responsable n'a pas caché qu'il craignait que la situation ne se dégrade encore, et pas seulement pour Edipresse. «Le trend n'est pas positif, pour les autres aussi». Le groupe vaudois a fait cette année ce qui devait être fait, mais la baisse de la publicité est structurel, pas seulement conjoncturel.

«Les journaux payants doivent être suffisamment intéressants pour que les lecteurs ne renoncent pas à l'abonnement ou à l'achat en kiosque», a expliqué le directeur général d'Edipresse Suisse. «Le Matin» va sortir sous peu une nouvelle formule et «24 heures» présentera une mouture revue le 11 octobre, en revenant vraisemblablement au journal unique et non plus décliné en quatre régions.

Le quotidien gratuit «Matin bleu» devrait atteindre l'équilibre d'ici deux ans. C'est le seul journal qui progresse et qui devance son concurrent «20 minutes», s'est félicité Edipresse.

Migros en retrait

De gros annonceurs traditionnels comme Migros songent à diminuer leurs investissements dans la presse écrite, a souligné Tibère Adler, directeur général du groupe Edipresse. De plus, le marché est extrêmement segmenté, ce qui explique les difficultés sur le petit territoire romand.

La situation générale du groupe n'est pas comparable à ce qui se passe en Suisse. L'Espagne, c'est «pas bon», les pays de l'Est continuent à progresser et le luxe va bien en Asie, selon Tibère Adler.

Dès janvier 2009, Edipresse Suisse simplifiera son organisation. La direction éditioriale unique sera confiée à Eric Hoesli, appuyé par Peter Rothenbühler.

Consternation

C'était la «consternation» mercredi chez «24 heures». «Nous sommes tous choqués et inquiets pour l'avenir du journal», a déclaré Gilles Simond, de la Société des collaborateurs (SDC).

«Beaucoup de bruits circulaient. On sentait venir l'annonce d'économies, mais son ampleur nous a choqué. D'autant plus que «24 heures» avait déjà perdu pas mal de collaborateurs par le passé, notamment 8,5 postes en novembre dernier», a ajouté M. Simond.

Convention violée

Le syndicat Impressum a condamné ce train de mesures. Les licenciements «violent de façon flagrante la Convention collective de travail (CCT)». Ils ont été imposés sans concertation préalable et des solutions alternatives n'ont pas été examinées.

Le syndicat comedia a également dénoncé les suppressions de postes. Il déplore «la soif de profit» de l'éditeur et conteste l'argument de la baisse de la publicité. La chute actuelle n'est que conjoncturelle. Elle est en grande partie due au lancement du gratuit «Matin bleu» qui siphonne les recettes des autres titres. (ats)

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