Actualisé 22.10.2010 à 20:52

Arche de Zoé6 membres seront jugés en France

Six membres de l'ONG l'Arche de Zoé, soupçonnés d'avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants du Tchad en 2007, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris.

Les juges d'instruction ont considéré que le président de cette petite association française, Eric Breteau, et sa compagne Emilie Lelouch, devaient être jugés pour escroquerie, aide à l'entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France et exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption, chefs passibles de dix ans de prison et de 750'000 euros d'amende, soit près d'un million de francs.

Tous deux avaient été arrêtés au côté d'autres membres de l'Arche de Zoé le 27 octobre 2007 à Abéché (Tchad), région frontalière du Darfour soudanais, alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France les 103 enfants.

Présentés par l'ONG comme des orphelins du Darfour en proie à la guerre civile, ces enfants qu'elle prétendait «sauver» s'étaient avérés tchadiens pour la plupart, et pas orphelins. L'opération, stoppée in extremis, avait viré au scandale retentissant.

Sont également renvoyés devant la justice l'association, en tant que personne morale, le médecin Philippe van Winkelberg et le logisticien Alain Péligat pour aide à l'entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France.

La journaliste Agnès Pelleran poursuivie pour complicité d'aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers, qui avait également été interpellée par les autorités tchadiennes mais libérée dix jours plus tard à la suite d'une visite au Tchad du président français Nicolas Sarkozy, est également renvoyée devant la justice. C'est aussi le cas d'un membre de l'association qui était resté en France, Christophe Letien.

Le procès devrait se tenir en 2011.

Les juges ont en revanche conclu au non-lieu concernant deux autres membres, l'infirmière Nadia Merimi et le pompier Dominique Aubry.

Deux mois après leur arrestation au Tchad, Breteau, Lelouch, van Winkelberg, Péligat, Aubry et Mérimi avaient été condamnés à huit ans de travaux forcés par la justice tchadienne. Ils avaient été transférés en France puis graciés fin mars 2008 par le président tchadien Idriss Deby. (afp)

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