Etats-Unis: 6 mois de prison pour un viol: pétition contre le juge

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Etats-Unis6 mois de prison pour un viol: pétition contre le juge

Un ancien athlète américain a été condamné à 6 mois de prison pour le viol d'une jeune femme. Une pétition accuse le juge de laxisme et récolte un grand succès.

par
pru
Brock Turner est un nageur prometteur ayant étudié à l'université de Stanford. Cette carrière d'athlète a joué dans la décision du juge, qui a affirmé qu'une peine trop lourde pouvait avoir «un impact profond» sur l'avenir du jeune homme, qui a fait preuve de «remords sincères». - Source: Twitter

Brock Turner est un nageur prometteur ayant étudié à l'université de Stanford. Cette carrière d'athlète a joué dans la décision du juge, qui a affirmé qu'une peine trop lourde pouvait avoir «un impact profond» sur l'avenir du jeune homme, qui a fait preuve de «remords sincères». - Source: Twitter

photo: Kein Anbieter

L'affaire remonte à 2013. Brock Turner, ancien étudiant de l'Université de Stanford et nageur prometteur, avait été arrêté pour le viol d'une jeune femme. Elle était inconsciente au moment des faits, durant une soirée alcoolisée.

Le juge Aaron Persky a tranché la semaine passée: l'athlète passera six mois en prison, trois s'il fait preuve de bonne conduite. Les réactions sur le web se sont très vite enflammées, pour dénoncer une peine trop légère pour un tel crime, et qui alimente la culture du viol.

Pétition en ligne

Près d'un demi-million de personnes avaient signé mardi 7 juin une pétition sur le site Change.org pour demander le renvoi du juge. Il est accusé d'avoir été trop complaisant avec le jeune athlète. A noté que le magistrat est également un ex-sportif de l'Université de Stanford, comme Brock Turner.

«Il a échoué à faire passer le message que les agressions sexuelles sont illégales quel que soit votre statut social, votre race, genre, ou autre facteur», explique la pétition, lancée par une infirmière de Miami, Maria Ruiz.

Le magistrat, réélu mardi à sa charge, s'était justifié en estimant qu'une peine plus lourde aurait pu avoir «un impact profond» sur l'avenir du jeune homme qui a fait preuve de «remords sincères».

Cette décision a fait scandale sur les réseaux sociaux, d'autant que le père de l'agresseur s'est désolé que son fils écope d'une peine si «dure» pour «20 minutes d'action sur une vie de 20 ans».

Lettre de la victime

Parallèlement, une lettre de la victime, dont l'identité reste protégée, a été lue au tribunal et adressée principalement à son agresseur, décrivant son calvaire physique et mental. Elle a ému le grand public en Amérique et au-delà.

La jeune femme dit s'être réveillée après la fête, à l'hôpital, et avoir dû recomposer le puzzle de sa nuit en partie grâce à ce qui est apparu dans les médias, car elle ne se rappelait de rien. Elle critique ce qu'elle y a lu, et les questions du tribunal, qui n'ont fait que la culpabiliser.

Certains articles disaient par exemple qu'elle avait peut-être joui, ou était consentante. Son témoignage était mis en doute puisqu'elle était ivre, et avait une sexualité active. La responsabilité des choix de Brock Turner était minimisée car lui aussi avait trop bu. La lettre se conclut en reprenant les propos de l'agresseur, qui a dit qu'une nuit alcoolisée pouvait ruiner une vie: «je veux te montrer qu'elle peut ruiner deux vies», écrit la victime anonyme.

Juge en mauvaise posture

Une professeure de droit de Stanford, Michele Dauber, a dit aux médias américains qu'elle doutait que le juge parvienne à terminer son nouveau mandat de six ans vu l'indignation autour de ce dossier.

D'après elle, une pétition manuscrite sera bientôt lancée pour accumuler les 70'000 signatures nécessaires pour appeler à voter une révocation du magistrat.

«Sa décision est dangereuse et relève d'un mauvais jugement», a déclaré Michele Dauber au quotidien «USA Today», ajoutant qu'il fallait remplacer le juge «par quelqu'un qui comprend les violences contre les femmes». (pru/afp)

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