Genève: 60 millions pour évacuer l'armée du centre-ville
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Genève60 millions pour évacuer l'armée du centre-ville

Le Parlement a voté ce jeudi deux crédits qui permettront de remplacer la caserne des Vernets par du logement.

La caserne des Vernets doit laisser la place à 1500 logements.

La caserne des Vernets doit laisser la place à 1500 logements.

Keystone/Martial Trezzini

Le canton de Genève va payer 60 millions de francs supplémentaires pour permettre à l'armée de libérer le site de la caserne des Vernets. Le Grand Conseil a adopté jeudi deux projets de loi ad hoc. Un premier crédit de 20 millions avait été accepté en votation populaire.

L'armée bénéficie d'un droit de superficie aux Vernets jusqu'en 2040. Or le canton veut construire rapidement 1500 logements sur ce site. Un crédit de 20,87 millions pour construire une nouvelle caserne à Meyrin-Mategnin avait été accepté par 68,51% des voix en février 2016. Il était attaqué par un référendum du Groupe pour une Suisse sans armée, avec soutien des Verts et d'Ensemble à Gauche.

Jeudi, à une large majorité, les députés ont adopté deux autres demandes de crédit: 35 millions pour construire le centre d'instruction des troupes de sauvetage à Epeisses et 25 millions pour transformer les infrastructures du centre de logistique civile et militaire d'Aire-la-Ville. A nouveau, les Verts et l'extrême gauche s'y sont opposés.

«Genève est le seul canton en Suisse à payer pour des infrastructures militaires que la Confédération n'a pas demandées», a déploré l'écologiste François Lefort. Pierre Vanek, d'Ensemble à Gauche, a critiqué la manœuvre: «Le vote populaire contenait un chantage au logement. On nous fait croire qu'il anticipait ces deux demandes de crédit.»

Facture à 90 millions

Les autres partis ont insisté sur l'urgence de construire du logement et donc de permettre à l'armée de quitter les Vernets. Selon le député UDC Christo Ivanov, tout sera payé en 20 ans grâce aux loyers des nouveaux sites. Les deux nouvelles installations serviront aussi aux pompiers, à la police, à la protection civile et au Comité international de la Croix-Rouge.

Le conseiller d'Etat Pierre Maudet, en charge de la Sécurité, a insisté sur cet aspect. «C'est bien que Genève contribue à perpétuer une tradition suisse: le sauvetage», a-t-il avancé. Au total, la facture du départ de l'armée des Vernets s'élèvera à 90 millions de francs pour le canton, compte tenu d'une augmentation des coûts de 10 millions. (ats)

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