Irak: 73 morts dans l'attentat suicide le plus meurtrier depuis 15 mois
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Irak73 morts dans l'attentat suicide le plus meurtrier depuis 15 mois

L'explosion d'un camion piégé a fait au moins 73 tués samedi aux abords d'une mosquée chiite des environs de Kirkouk, dans le nord de l'Irak.

Elle a rappelé que les progrès en matière de sécurité restent fragiles à moins de dix jours du retrait américain des villes du pays, débuté ce week-end.

L'attentat, qui a ravagé le centre de la ville de Taza, à environ 30 km de Kirkouk, en détruisant plus de 80 maisons, a été attribué par les autorités locales au réseau Al-Qaïda et provoqué la colère des habitants turcomans de cette localité traditionnellement paisible.

Les victimes quittaient une mosquée chiite dans la petite localité de Taza, à environ 30 km de Kirkouk, quand le kamikaze a déclenché ses explosifs.

Les habitations en pisé ont été soufflées. Sabah Al Dawoudi, directeur des services de santé de Kirkouk, a déclaré dimanche que 200 personnes avaient été touchées par l'explosion et que plusieurs étaient dans un état critique.

Condamné

Le Premier ministre Nouri al-Maliki a fermement condamné dans un communiqué samedi cette attaque commise par «des terroristes renégats et leurs alliés de l'ancien régime» de Saddam Hussein. «Les tentatives de déstabiliser la sécurité sont vouées à l'échec», a-t-il dit.

»La plupart des victimes sont des enfants, des personnes âgées ou des femmes sans défense qui représentent une cible facile pour les terroristes», a affirmé de son côté à l'AFP le gouverneur de Kirkouk, Abdel Rahman Moustapha. «Le terrorisme n'a pas été entièrement éliminé même s'il a été affaibli grandement», a-t-il également ajouté.

Dans la matinée, la défense civile irakienne poursuivait ses recherches dans les décombres des maisons, aidée par des soldats américains.

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L'attentat est l'un des plus meurtriers depuis près d'un an et demi en Irak.

Il est intervenu alors que M. Maliki s'était félicité du début samedi du retrait des forces américaines des centres urbains. Il a évoqué «une grande victoire pour les Irakiens».

En vertu de l'accord de sécurité signé en 2008 entre Bagdad et Washington, les forces de combat américaines doivent quitter les centres urbains d'ici le 30 juin. L'ensemble du corps expéditionnaire envoyé par les Etats-Unis en mars 2003 aura quitté la Mésopotamie d'ici 2012.

Ne pas perdre espoir

Les violences intercommunataires et la rébellion qui ont vu le jour après l'intervention anglo-américaine de 2003 ont atteint un pic en 2006-2007. Mais des villes sensibles où cohabitent difficilement plusieurs communautés, comme Mossoul et Baqouba, restent dangereuses.

La capitale, Bagdad, continue elle de connaître régulièrement des attentats à la bombe et des fusillades.

»Ne perdez pas l'espoir si une faille dans le dispositif de sécurité survient ici ou là», a lancé le chef du gouvernement, peu avant l'attentat près de Kirkouk, en affirmant que les insurgés allaient probablement tenter de profiter du départ des Américains pour lancer de nouvelles attaques.

Corps d'otages britanniques

Dans la nuit de vendredi à samedi, le gouvernement irakien a remis aux autorités britanniques en Irak les restes de deux corps, a annoncé samedi le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband.

Les corps ont ensuite été identifiés comme ceux de deux de cinq otages britaniques enlevés en 2007, ont indiqué dimanche des sources gouvernementales.

Un consultant et ses quatre gardes du corps britanniques avaient été enlevés par 40 hommes portant des uniformes de police au ministère des Finances à Bagdad, le 29 mai 2007. (ats)

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