06.06.2018 à 21:56

Genève80 logements à la trappe pour préserver une villa

Un projet d'immeubles d'habitation et d'infrastructures communales sera revu à la baisse après une décision du Canton.

von
Maria Pineiro
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La villa Brolliet est actuellement occupée par la FOJ.

La villa Brolliet est actuellement occupée par la FOJ.

mpo
La villa Brolliet est actuellement occupée par la FOJ.

La villa Brolliet est actuellement occupée par la FOJ.

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Les autorités onésiennes craignent que la villa Brolliet ne subisse le même sort que la maison Borgeaud, également en procédure de mise à l'inventaire.

Les autorités onésiennes craignent que la villa Brolliet ne subisse le même sort que la maison Borgeaud, également en procédure de mise à l'inventaire.

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«On a mis deux ans de travail à la poubelle.» Le constat, lâché par François Mumenthaler, conseiller administratif d'Onex, au Conseil municipal d'avril, est amer. Et pour cause, le projet de développement du secteur des Ormeaux pourrait tomber à l'eau. Le magistrat cantonal Antonio Hodgers a en effet décidé de procéder à une mise à l'inventaire de la villa Brolliet, édifiée en 1907 sur le périmètre concerné. De fait, le bâtiment devra être conservé.

A côté du quartier récent de Belle-Cour, le périmètre des Ormeaux constitue aux yeux des autorités communales une opportunité d'édifier les équipements nécessaires sur un territoire encore peu urbanisé. Au programme, en collaboration avec la Fondation officielle de la jeunesse (FOJ), qui occupe actuellement la villa Brolliet et une partie des terrains, une école de quatre classes, un café communautaire, des commerces de proximité, de nouveaux bâtiments pour la FOJ et près de 300 logements. Le tout est estimé à quelque 200 millions de francs. L'édification serait pilotée par la Fondation immobilière de la commune.

Douche froide

La commune et les services d'Antonio Hodgers étudient ce projet depuis au moins deux ans. Pour Onex, c'est la douche froide, ce d'autant plus que l'Exécutif ne semblait pas s'attendre à cette décision. Dans le rapport d'une commission qui s'est tenue en février, la disparition de la maison était encore clairement évoquée: «Le conseiller d'Etat a avalisé la démolition après arbitrage» répondait la conseillère administrative chargée du dossier Ruth Bänziger à un municipal. «Antonio Hodgers n'a jamais affirmé clairement auparavant que cette bâtisse serait préservée, nuance-t-elle. Nous avons donc développé un projet en collaboration avec ses propres services sur cette base, quand bien même il ne s'était jamais formellement prononcé.»

Du côté de l'Etat, le son de cloche est un peu différent: «Il n'y a pas eu d'assurance que la maison ne ferait pas l'objet d'une mesure de protection.» Par mail, le Département du territoire explique que cette mise à l'inventaire «s'inscrit dans une vision globale de la protection du patrimoine dans ce secteur» et qu'elle est le fruit d'une réflexion et de discussions avec les milieux du patrimoine. Ceux-ci se sont en effet mobilisés afin de préserver la villa Brolliet. Via internet, ils ont recueilli quelque 2200 signatures.

Tout à revoir

Et maintenant? Une chose est sûre, le projet initial doit être revu. Avec le maintien de la bâtisse, le nombre de logements passera de 280 à 200, selon l'Etat qui estime que cela n'empêchera pas les équipements communaux de voir le jour. Les autorités onésiennes sont, elles, moins optimistes: «Le projet n'est pas abandonné, car nous avons besoin de ces équipements», explique Ruth Bänziger. Il n'empêche que si la commune ne veut pas perdre le nombre de logements prévus, elle devrait se résoudre à augmenter la densité des constructions sur la parcelle ou édifier plus haut.

Quant à la maison, son avenir n'est pas encore défini affirme le Département du territoire: «Le bâtiment doit faire l'objet de travaux pour accueillir de futures activités. Plusieurs options sont possibles et actuellement en discussion.» Ce à quoi Onex répond qu'elle n'a pas les moyens d'entretenir ce bâtiment. «J'espère qu'une solution sera trouvée et que cette maison de maître ne sera pas laissée à l'abandon comme celle située un peu plus loin (lire encadré)», soupire Ruth Bänziger.

Une procédure qui dure

A quelques centaines de mètres de la villa Brolliet, il est un autre bâtiment digne d'intérêt et pourtant en bien piteux état. Dans le quartier de la Genevrière, la maison Borgeaud et son terrain ont été achetés par un promoteur immobilier en vue de construire des immeubles. Ce qui est chose faite. La maison de maître est en procédure de mise à l'inventaire. A bout touchant selon le Département du territoire. Pour l'heure, la bâtisse est laissée à l'abandon. Murée, non entretenue, elle représente tout ce que craignent les autorités pour la villa Brolliet. Le département indique que si la maison est mise à l'inventaire, il y a une obligation d'entretien, mais rien durant la procédure.

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