Venezuela: 800 proches de détenus reclus volontaires
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Venezuela800 proches de détenus reclus volontaires

Plus de 800 proches de détenus refusent depuis lundi de quitter la prison de Yare, dans les environs de Caracas, en signe de protestation contre les conditions de détention des prisonniers.

Environ 800 femmes, 150 enfants et adolescents et cinq hommes ont profité de la nuit du Nouvel An, qu'ils ont traditionnellement le droit de passer avec leurs proches incarcérés, pour s'«auto-séquestrer», a expliqué mardi soir Iris Varela sur la télévision publique «VTV».

«Nous pouvons dire que c'est une situation d'auto-séquestration. C'est une démarche volontaire. Que peut faire le ministère ? Parler avec eux», a affirmé la ministre, précisant qu'elle avait reçu du président Hugo Chavez l'instruction de privilégier la voie du dialogue.

«Nous ne cesserons de parler et de tenter de leur faire entendre raison. Mais (cette démarche des reclus volontaires) n'est pas la façon de faire pression» sur les autorités, a poursuivi Mme Varela, nommée il y a six mois, avec la mission de réformer un système pénitentiaire caractérisé par la violence et la surpopulation.

Ils refusent de sortir

«Les proches sont entrés vendredi et devaient sortir» lundi, mais ils sont restés à l'intérieur, pour protester contre «les délais de procédure, les exactions sur les prisonniers de la part des gardiens et le manque de résultats» de la campagne du gouvernement pour améliorer le système, a affirmé à l'AFP Carlos Nieto, directeur de l'ONG Une fenêtre vers la liberté.

Selon lui, «les enfants sont sortis» lundi mais plus de 800 adultes sont toujours volontairement dans la prison, où le taux de surpopulation est selon l'ONG de 400%.

Selon des organisations non-gouvernementales, 300 détenus meurent chaque années en cellule, et, selon des chiffres officiels, les prisons vénézuéliennes hébergent 50'000 prisonniers pour 14'000 places. (afp)

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