Criminalité : 90% des morts violentes ont lieu hors d'un conflit

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Criminalité 90% des morts violentes ont lieu hors d'un conflit

L'Amérique latine ainsi que l'Afrique centrale et australe sont les régions qui affichent les niveaux de violence meurtrière les plus élevés, selon une étude publiée jeudi à Genève.

Au moins 526'000 personnes meurent violemment chaque année, dont seulement 55'000 dans le cadre d'un conflit ou en raison d'actes terroristes. Le quart de ces décès a été concentré dans 14 pays en développement et les deux tiers dans 58 pays au cours de la période 2004 à 2009.

«Les frontières entre la violence politique, criminelle et interpersonnelle sont de plus en plus floues», a fait observer le professeur Keith Krause, responsable du programme des armes légères à l'Institut des Hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève et co-auteur de l'étude.

Salvador et Irak en tête

Par habitant, le Salvador est le pays le plus affecté par la violence meurtrière, suivi de l'Irak, de la Jamaïque, du Honduras, de la Colombie, du Venezuela, du Guatemala. L'Afrique du Sud est classée à la 8e place, devant le Sri Lanka, le Lesotho, la République centrafricaine, le Soudan, le Belize, la RDC, le Swaziland, le Congo, la Somalie et le Brésil.

Certains pays ont des niveaux de violence très élevée dans une partie de leur territoire. Ainsi, le record mondial de la violence est atteint à Ciudad Juarez, dans le nord du Mexique, avec un taux 20 fois plus élevé que la moyenne mondiale.

Conférence à Genève

L'étude de 175 pages est publiée en vue de la deuxième conférence ministérielle sur la violence armée et le développement, organisée par la Suisse et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Elle sera ouverte lundi à Genève par la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey.

Adoptée en 2006 par 42 Etats, la Déclaration de Genève sur la violence armée compte désormais 110 Etats signataires, s'est félicité l'ambassadeur de Suisse pour le désarmement Alexandre Fasel. La conférence doit adopter de nouvelles mesures pour réduire le niveau de violence d'ici 2015, a-t-il indiqué.

Inégalités de revenus

L'étude établit clairement le lien entre le niveau d'homicides dans la population, le sous-développement, les inégalités de revenus et la faiblesse de l'Etat de droit. Ainsi, l'Autriche, le Japon, la Norvège et la Suisse figurent parmi les pays avec les taux d'homicides les plus faibles.

Environ 66'000 femmes et filles sont tuées violemment dans le monde chaque année. Le féminicide a généralement lieu dans un contexte domestique. L'auteur est le partenaire actuel ou précédent dans un peu moins de la moitié des cas.

L'étude évalue à 95 milliards de dollars le coût annuel de la violence armée dans le monde. Par rapport au précédent rapport de l'IHEID, en 2008, le niveau de violence dans le monde n'a pas sensiblement évolué, a souligné le professeur Krause.

(ats)

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