Actualisé 21.01.2015 à 21:05

Crise ukrainienne

«9000 soldats russes déployés en Ukraine»

Plus de 9000 soldats russes sont déployés dans l'est de l'Ukraine, où un conflit oppose l'armée régulière à des séparatistes prorusses, a affirmé mercredi Petro Porochenko.

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14.04 Les autorités de la péninsule de Crimée annexée en mars 2014 par la Russie ont interdit mercredi l'assemblée des Tatars de Crimée, le Medjlis.

14.04 Les autorités de la péninsule de Crimée annexée en mars 2014 par la Russie ont interdit mercredi l'assemblée des Tatars de Crimée, le Medjlis.

Reuters
03.03 Les civils vivant dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk évoquent un «isolement physique, politique, social et économique», relève le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein dans son rapport publié ce jeudi à Genève.

03.03 Les civils vivant dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk évoquent un «isolement physique, politique, social et économique», relève le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein dans son rapport publié ce jeudi à Genève.

Keystone
20.02 Les Ukrainiens commémorent la répression du Maïdan, survenue il y a deux ans.

20.02 Les Ukrainiens commémorent la répression du Maïdan, survenue il y a deux ans.

epa/Roman Pilipey

«Nous avons plus de 9000 soldats de la Fédération de Russie sur le territoire, avec plus de 500 tanks, pièces d'artillerie lourde et véhicules de transport de troupes», a déclaré le dirigeant ukrainien à la tribune du Forum économique mondial. «Si ce n'est pas une agression, alors qu'est-ce qu'une agression ?», a-t-il lancé.

«Je promets qu'il y aura une situation claire et stable en Ukraine si la Russie applique ce point (des accords de paix de Minsk signés en septembre, ndlr): la fermeture de la frontière (russo-ukrainienne) et le retrait des troupes étrangères de mon territoire», a-t-il ajouté.

«La solution (au conflit) est très simple: arrêter de fournir des armes, arrêter de fournir des munitions, retirer les troupes et fermer la frontière. C'est un plan de paix très simple», a-t-il insisté, avant d'être applaudi par l'assistance.

Soutien de l'OTAN

L'Ukraine accuse depuis des mois la Russie d'avoir déployé des troupes dans l'Est séparatiste. Kiev a même affirmé mardi soir que ses troupes avaient été attaquées directement par l'armée régulière russe près de Lougansk, une des deux régions qui a fait sécession de Kiev en avril dernier avec sa voisine de Donetsk.

A Bruxelles, l'OTAN a dit avoir constaté une augmentation du nombre des chars, des pièces d'artillerie et d'autres matériels lourds utilisés par des soldats russes dans l'est de l'Ukraine. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Alliance, a de nouveau demandé à la Russie de retirer ses troupes.

Moscou dément

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que Kiev n'étayait ses accusations par aucune preuve. «Je le dis à chaque fois: si vous portez des accusations avec autant d'aplomb, présentez des faits. Mais personne ne peut présenter des faits ou ne veut le faire», a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

M. Lavrov a cependant admis que les séparatistes pro-russes occupaient désormais un territoire plus vaste que celui qui leur a été imparti dans le cadre du cessez-le-feu conclu à Minsk. Il a dit avoir reçu des garanties de la part des rebelles qui ont promis de reculer jusqu'aux limites définies en septembre.

Affranchissement énergétique

M. Porochenko a d'autre part affirmé que l'Ukraine, qui s'approvisionne actuellement chez son grand voisin pour son gaz, charbon et combustible nucléaire, s'affranchira également de sa dépendance énergétique envers la Russie . «Nous avons un nouveau moyen de recevoir du gaz européen. Nous aurons la technologie pour le gaz de schiste dans notre pays», a-t-il expliqué.

L'Ukraine avait vu ses grandes difficultés économiques aggravées par la guerre et par l'arrêt durant plusieurs mois de son ravitaillement en gaz en provenance de Russie, en raison d'un différend sur les prix. Kiev avait accusé la Russie d'«agression économique» après qu'elle eut décidé d'augmenter ses tarifs peu après la chute du président prorusse Viktor Ianoukovitch.

Face à «l'aggravation de la situation», le président ukrainien Petro Porochenko a écourté son séjour au WEF de Davos pour rejoindre Kiev dans l'après-midi.

Réunion à Berlin

Le bruit des combats toujours violents dans l'Est séparatiste de l'Ukraine résonnait mercredi jusqu'à Berlin. Les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français se sont réunis mercredi soir vers 21h00 pour tenter d'«empêcher une nouvelle aggravation de la confrontation militaire et une nouvelle escalade politique entre Kiev et Moscou», selon le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

«Je peux seulement espérer et appeler toutes les parties à négocier ici de façon constructive afin d'obtenir un résultat», afin que «cela nous rapproche non seulement d'un cessez-le-feu mais aussi d'avancées décisives dans la mise en oeuvre des accords de Minsk» de septembre dernier, a déclaré M. Steinmeier.

Les combats, qui ont déjà fait plus de 4800 morts en neuf mois, ont redoublé de violence depuis une dizaine de jours. A l'aéroport de Donetsk, en ruine mais d'une haute importance stratégique et symbolique, les combats continuent également, quelques jours après que l'armée a repoussé une puissante offensive rebelle. (afp)

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