Achats-tests: À 13 ans, on peut se faire livrer de l’alcool sans aucun contrôle

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Achats-testsÀ 13 ans, on peut se faire livrer de l’alcool sans aucun contrôle

Addiction Suisse et la Croix Bleue ont testé les contrôles de l’âge lorsqu’on commande de l’alcool à la livraison. Quasiment n’importe qui peut s’en procurer aisément.

Les solutions existent pourtant pour vérifier l’âge des personnes qui commandent.

Les solutions existent pourtant pour vérifier l’âge des personnes qui commandent.

20min/Marco Zangger

Internet est une vraie passoire si des mineurs mettent la main sur une carte de crédit et commandent de l’alcool. Addiction Suisse a publié jeudi les résultats de ses achats-tests de mineurs et les résultats sont sans appel: 89,2% des enfants de 13 ans qui ont commandé des boissons en ligne ont pu se les faire livrer en mains propres sans aucun problème.

Au moment de la commande, les clients doivent renseigner leur âge. Mais à quoi bon? Lors des tests, même quand les clients indiquaient un âge en dessous de la limite légale, la transaction pouvait se faire dans 75% des cas. Quand les clients mentaient et disaient être adultes, le taux de «réussite» passe même à 100%.

Sur l’ensemble des achats-tests en ligne, «l’âge a été demandé uniquement dans 18,5% des cas à la commande et 11,9% des cas à la livraison. Les résultats permettent de constater que le processus entier de la vente en ligne d’alcool pose des problèmes importants en matière de protection de la jeunesse», note Addiction Suisse.

La technique est là

Et pourtant, ce n’est pas une fatalité. La section zurichoise de la Croix-Bleue a mené ses propres tests. Elle remarque que le site Digitec Galaxus «a un système de contrôle de carte d’identité en ligne que nos acheteurs-test n’ont pas réussi à contourner». Sur les six tentatives, aucun mineur n’a pu se faire livrer de l’alcool. Les services de livraisons des magasins comme Manor, Globus, Migros et Coop, en revanche, ont quasiment toujours livré les boissons aux mineurs, idem pour les livreurs comme UberEats ou Smood.

«Le cas de Digitec Galaxus montre qu’il est techniquement possible d’intégrer des modèles de protection des mineurs dans le commerce en ligne», dit la Croix-Bleue. «Pour pouvoir en faire la règle d’usage, le cadre légal devrait être adapté», enchaîne Addiction Suisse.

Dégradation aussi dans les magasins

En ce qui concerne les commerces «physiques», après une amélioration des résultats entre 2015 et 2019, une dégradation est à nouveau constatée. Les résultats de 2020 avaient laissé suggérer que le port du masque lié à la pandémie avait rendu l’estimation de l’âge – et donc la vérification des cartes d’identité – plus difficile. Même chose en 2021. «Le taux de vente entre 2015 et 2018 a connu une légère baisse, passant de 29% en 2015 à 28,3% en 2018, baisse qui s’est ensuite fortement accentuée en 2019 (20,3%). Toutefois, en 2020 le taux de vente a augmenté fortement arrivant à 29,1% et est même monté à 33,5% en 2021», relate Addiction Suisse.

(ywe)

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