Autriche: A 14 ans, il voulait faire exploser la gare de Vienne

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AutricheA 14 ans, il voulait faire exploser la gare de Vienne

La justice autrichienne a condamné mardi un adolescent de 14 ans à deux ans de prison, dont huit mois ferme, pour avoir voulu faire exploser une bombe dans une gare de la capitale.

C'est dans cette gare que le jeune de 14 ans avait projeté de faire exploser une bombe.

C'est dans cette gare que le jeune de 14 ans avait projeté de faire exploser une bombe.

Ce collégien d'origine turque, qui fêtera ses 15 ans lundi, répondait de «participation à une entreprise terroriste». L'audience a duré une matinée devant le tribunal de Sankt-Pölten, à 70 km à l'ouest de Vienne.

L'adolescent avait pris contact avec des correspondants de l'EI à Vienne et cherché à fabriquer une bombe pour la faire exploser à la Westbahnhof, l'automne dernier. Il voulait ensuite partir pour la Syrie.

Le jeune accusé a reconnu les faits. Il s'exposait à une peine plafonnée à cinq ans de prison ferme en raison de son jeune âge. Au cours de l'enquête, de nombreuses images extrêmement violentes de propagande du groupe Etat islamique ont été trouvées dans l'ordinateur, le téléphone et la console de jeux de l'adolescent.

Quête de reconnaissance

D'origine alévite, l'adolescent a commencé à épouser la cause du sunnisme radical début 2014. Selon son avocat, Me Rudolf Mayer, ce processus s'est engagé après qu'un professeur de religion eut vivement critiqué à l'école l'alévisme, une branche du chiisme.

Arrivé en Autriche en 2007, le garçon a «grandi sans père», a rappelé l'avocat. Placé dans une école pour élèves en grande difficulté, où «ses perspectives professionnelles sont quasiment inexistantes», «il a recherché la reconnaissance, l'appartenance à un groupe», a-t-il fait valoir.

«Vous imaginez le pouvoir d'une propagande qui dit à des jeunes, dont l'existence apparaît vide de sens: 'Tu peux faire quelque chose de bien, et tu auras pour cela de l'argent et des femmes'?», a plaidé l'avocat.

Pénalement responsable

Me Mayer s'est déclaré «satisfait» du verdict, qui s'accompagne d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de suivi. L'expertise psychiatrique a établi qu'en dépit d'un «manque de maturité», l'accusé était pénalement responsable de ses actes.

Le jeune accusé avait été arrêté une première fois le 28 octobre 2014 à Sankt-Pölten, après que son entourage eut alerté les autorités de sa radicalisation croissante. Il avait été relâché au bout de deux semaines en raison de son jeune âge.

Mi-janvier, il avait toutefois fugué en compagnie d'un ami de 12 ans, avec qui il voulait rejoindre la Syrie. Les deux jeunes avaient disparu des radars pendant quatre jours. Ils avaient été arrêtés dans un snack de Vienne le 16 janvier. L'accusé totalise déjà cinq mois de détention.

«Prudemment optimiste»

L'avocat général a relevé que durant l'instruction, l'adolescent n'avait exprimé «aucun sentiment de culpabilité». Me Mayer s'est toutefois montré «prudemment optimiste» quant à l'évolution de son client : «Il a commencé à développer son esprit critique, à réaliser qu'il n'avait qu'une vision très partielle des choses».

Plus de 200 personnes, dont des femmes et des mineurs, ont rejoint la Syrie et l'Irak depuis l'Autriche, selon les autorités. Quelque 70 suspects sont revenus dans le pays.

Plusieurs d'entre eux sont emprisonnés en attente d'un jugement. Un tribunal de Vienne jugeait parallèlement, mardi, une adolescente de 16 ans, accusée elle aussi d'avoir voulu rejoindre l'EI en Syrie. (afp)

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