Guerre en Ukraine : A Bakhmout et Soledar, «c’est le scénario le plus sanglant de cette guerre» 

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Guerre en Ukraine À Bakhmout et Soledar, «c’est le scénario le plus sanglant de cette guerre» 

Des combats acharnés se déroulent à Soledar, dans l’est de l’Ukraine, où la Russie tente coûte que coûte de renverser le cours de la guerre, changeant une nouvelle fois de chef militaire.

Les forces ukrainiennes en action avec un canon anti-aérien, à Bakhmout le 10 janvier 2023. 

Les forces ukrainiennes en action avec un canon anti-aérien, à Bakhmout le 10 janvier 2023. 

REUTERS

«Tout ce qui se passe aujourd’hui en direction de Bakhmout ou de Soledar est le scénario le plus sanglant de cette guerre», a déclaré dans un entretien avec l’AFP Mykhaïlo Podoliak, un conseiller de la présidence ukrainienne. Les combats «se poursuivent» à Soledar, le front «tient», a pour sa part affirmé dans la soirée le président ukrainien Volodymyr Zelensky. «Nous faisons tout pour renforcer la défense ukrainienne sans aucune pause, même pour un jour» dans la région orientale de Donetsk, a-t-il martelé.

Wagner démenti par Kiev et Moscou 

Selon la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar, les Russes ont «sans succès» cherché à «complètement» s’emparer de cette cité minière de 10’000 habitants située près de la ville plus importante de Bakhmout que les Ukrainiens défendent sans répit depuis plusieurs mois. Le groupe de mercenaires russes Wagner, qui a revendiqué sa prise, laquelle constituerait pour Moscou une victoire militaire après plusieurs revers humiliants depuis septembre, a toutefois été démenti non seulement par les militaires ukrainiens mais aussi par l’armée russe.

«Des forces d’assaut se battent dans la ville», a de son côté assuré le ministère russe de la Défense, précisant que «des unités aéroportées ont bloqué les parties nord et sud» de Soledar.

«Combats assez brutaux» 

De son côté, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a déclaré mercredi à la presse que les États-Unis ne pouvaient pas confirmer les rapports selon lesquels Soledar était tombée et que la ville avait «fait des allers-retours à plusieurs reprises, et qu’il s’agissait vraiment de combats assez brutaux.»

Deux vues satellites de la même zone de Soledar, le 1 août 2022 (en haut) et le 10 janvier 2023 (en bas), qui montre l’étendue des destructions. 

Deux vues satellites de la même zone de Soledar, le 1 août 2022 (en haut) et le 10 janvier 2023 (en bas), qui montre l’étendue des destructions. 

AFP / Satellite image ©2022 Maxar Technologies

Le Kremlin s’est montré prudent quant à la situation sur le terrain. «Il ne faut pas se presser. Attendons des déclarations officielles», a dit à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, tout en estimant qu’il y avait «une dynamique positive» dans les rangs des troupes russes.

«Personne n’a prévu de donner la ville», a insisté «Bober», un soldat ukrainien blessé en attente de son évacuation, rencontré mercredi par l’AFP sur la route reliant Bakhmout à Sloviansk. Soledar «n’a pas été complètement prise» par les Russes, a-t-il affirmé.

Pertes russes «énormes» 

Selon Mykhaïlo Podoliak, les pertes militaires russes y sont «énormes» et «l’armée ukrainienne perd également des hommes». «Certainement, c’est plus que ce qu’il y a eu ailleurs avant», a-t-il indiqué à l’AFP. Dans la région de Lougansk, voisine de celle de Donetsk, les Russes ont «rassemblé» environ 30’000 soldats, a par ailleurs signalé son gouverneur ukrainien, Serguiï Gaïdaï.

Nouveau chef militaire 

Au même moment à Moscou, dans un nouveau changement au sommet de la hiérarchie militaire dont les derniers épisodes ont été considérés comme dictés par les déconvenues majeures rencontrées sur le terrain, c’est le chef de l’état-major des armées, le général Valéri Guerassimov – un interlocuteur direct de Vladimir Poutine –, qui a été nommé «commandant du groupement combiné de troupes» déployées en Ukraine.

Dans une publication mercredi soir, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un organisme basé aux États-Unis, estime que «la nomination de Guerassimov est probablement destinée à soutenir un effort militaire russe décisif en 2023, probablement sous la forme d’une reprise des opérations offensives russes.» L’institut ajoute que «l’incapacité de la base de défense russe à faire face aux pénuries de munitions entravera probablement la capacité des forces russes à soutenir des opérations offensives dans l’est de l’Ukraine en 2023.»

Le prédécesseur de Valéri Guerassimov, le général Sergueï Sourovikine – rétrogradé au rang d’adjoint – n’aura dirigé les opérations que pendant à peine trois mois. Il avait été nommé en octobre pour redresser la situation de l’armée russe qui subissait des échecs face à des offensives ukrainiennes dans les régions de Kharkiv (nord-est) et de Kherson. Lui a été attribuée la tactique de frappes massives sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, qui n’a pas fait plier Kiev. 

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(AFP)

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