Elections au Royaume-Uni: A Boston, la population étrangère a bondi de 467%

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Elections au Royaume-UniA Boston, la population étrangère a bondi de 467%

Depuis des siècles, la ville de l'est de l'Angleterre, a vu partir ses habitants, émigrants téméraires pour parcourir le monde. Mais depuis dix ans, les flux se sont inversés, non sans tension.

Le parti europhobe et anti-immigration Ukip pourrait faire des scores élevés dans cette petite ville du nord-est de l'Angleterre.

Le parti europhobe et anti-immigration Ukip pourrait faire des scores élevés dans cette petite ville du nord-est de l'Angleterre.

Après l'élargissement de l'UE à plusieurs pays d'Europe de l'Est en 2004, Boston, dans le plat pays du Lincolnshire, n'a cessé de voir arriver des Polonais, des Lettons et des Lituaniens. Si bien qu'entre 2001 et 2011, date du dernier recensement, sa population étrangère a bondi de 467% (la plus importante progression du pays), venant à représenter environ 15% de la population totale.

«Boston se sent très déprimé en ce moment», se désole Anna Lailey de Ville, inspectrice des écoles. «Nous avons tellement de travailleurs migrants ici et, vraiment, il n'y a pas assez de logements, pas assez de places dans les écoles et dans les hôpitaux pour autant de gens», affirme cette quinquagénaire.

La présence des immigrés est surtout visible sur l'une des rues principales, West Street, où les magasins remplis de produits est-européens sont légions, mais aussi sur le tableau des annonces d'emplois, plus nombreuses en polonais ou en letton qu'en anglais.

Sous pression

«Je crois que les gens vont voter UKIP par colère», estime Mme Lailey de Ville. Le parti europhobe et anti-immigration de Nigel Farage talonne toujours les conservateurs dans la circonscription de Boston et Skegness.

Pour certains des habitants de Boston, qui hésitent encore pour qui voter lors du scrutin du 7 mai, l'immigration «a mis sous pression nos ressources, le service public de santé (NHS), l'immobilier, les écoles», déclare un ancien militaire.

Dans certaines écoles de la région, il est difficile de trouver plus d'un élève ayant l'anglais comme langue maternelle, ce qui représente un véritable défi pour les enseignants, selon lui.

Protection sociale

D'après Mike Gilbert, conseiller en charge des communautés à la mairie de Boston, l'affluence des Européens de l'Est s'explique par les besoins en main-d'oeuvre dans cette région spécialisée dans la culture et le conditionnement de légumes ainsi que par l'attrait du système de protection sociale.

«Si vous venez à Boston, vous avez un salaire de base, diverses allocations, un accès gratuit à l'éducation et aux services de santé», pointe-t-il du doigt.

Ce conseiller conservateur estime que la région a accueilli plus d'immigrants qu'elle ne peut en absorber. Il rappelle que son parti (les Tories de David Cameron) a promis de limiter l'accès aux prestations sociales pour restreindre à l'avenir les arrivées.

Importants contributeurs

Face à ces attaques, la plupart des immigrés interrogés refusent de répondre. Anna, une jeune Polonaise qui travaille pour une agence de traduction, assure elle que de plus en plus de ses compatriotes font des efforts pour s'intégrer en apprenant l'anglais notamment.

De nombreuses études montrent que les immigrants en provenance de l'Union européenne sont des contributeurs nets à l'économie britannique. Ils ont ainsi rapporté 20 milliards de livres (28,5 milliards de francs) au Trésor britannique lors de la dernière décennie, selon un récent rapport du University College London (UCL).

(ats)

David Cameron vainqueur du dernier «non-débat» télévisé

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a remporté jeudi la dernière manche de la campagne télévisée pour les élections législatives, montre un sondage «Guardian«/ICM publié juste après l'émission. Le travailliste Ed Miliband est classé deuxième.

Les téléspectateurs interrogés sont 44% à juger que le chef de file du camp conservateur a été le meilleur lors de cette émission de la BBC. Celle-ci n'était pas un débat entre les leaders des principaux partis puisque chacun d'eux a été à son tour interrogé pendant 30 minutes par le même public.

Le travailliste Ed Miliband rassemble 38% et arrive deuxième, selon le sondage, contre 19% pour le libéral-démocrate Nick Clegg.Le public s'est montré lui bien moins avenant que lors des précédents événements télévisés de la campagne. Il a attaqué les trois dirigeants sur leurs promesses non tenues, le bilan des précédents gouvernements ou leur incapacité à traiter les électeurs «avec intelligence».

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