27.02.2020 à 19:52

SyrieA Idleb, la pire crise humanitaire depuis 2011

Le conflit dans la région d'Idleb a provoqué la fuite de plus de 900'000 personnes depuis le début de l'offensive du régime en décembre, a indiqué l'ONU lundi.

Près de 170'000 civils contraints de fuir les bombardements du régime dans le nord-ouest de la Syrie vivent en plein air ou dans des bâtiments inachevés, a affirmé la semaine passée le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Environ 900'000 personnes -dont ces 170'000 personnes-, en vaste majorité des femmes et des enfants, ont fui les violences depuis début décembre dans la région d'Idleb et ses environs, où les forces gouvernementales et leur allié russe ont repris leur offensive contre les rebelles et les jihadistes, selon l'ONU. Jamais le pays, en guerre depuis 2011, n'a connu un tel exode sur une période aussi courte. Un humanitaire présent sur place depuis le début du conflit expliquait dans «La Croix» la semaine dernière qu'«Idlib représente la pire crise humanitaire depuis le début de la guerre civile». Au total, le conflit syrien a poussé à l'exil des millions de civils et tué plus de 380'000 personnes.

En haut un camp de réfugiés près de Deir Hassan en février 2019. en bas le même camp un an plus tard.

La crise est d'autant plus préoccupante que cette récente vague de déplacements survient en plein hiver avec des températures passant sous le seuil de zéro degré et de la neige dans certaines régions près de la frontière turque. «Les conditions hivernales très difficiles aggravent la souffrance de ces personnes vulnérables qui ont fui leur maison pour échapper aux violences, la plupart d'entre elles ayant été déplacées de nombreuses fois en neuf ans de conflit», selon l'ONU.

Elle a appris à rire quand une bombe explose

Pour éviter que l'état psychologique de son enfant de 3 ans ne se détériore trop gravement, un papa syrien essaie de dédramatiser la guerre en la faisant passer pour un jeu.

Dans son dernier communiqué jeudi, l'Ocha estime que «près de 170'000 de ceux qui ont été récemment déplacés vivent en plein air ou dans des bâtiments inachevés». Selon cet organisme de l'ONU, les camps accueillant une partie des autres déplacés sont bondés et de nombreuses familles doivent mettre leurs tentes sur des terrains avec aucun accès à des services de base comme des toilettes.

Hélico du régime abattu à Idleb

Ankara a adressé une sévère mise en garde à Damas après la mort de cinq de ses soldats dans le nord-ouest de la Syrie, où deux pilotes du régime ont été tués dans le crash de leur hélicoptère après un tir attribué aux forces turques.

Dénonçant une violence «aveugle» dans le nord-ouest du pays, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock avait appelé plus tôt cette semaine à un cessez-le-feu pour éviter une catastrophe humanitaire.

«Notre aventure n'était pas top»

L'AFP a rencontré des Françaises qui ont rejoint l'Etat islamique en Syrie et sont désormais détenues dans un camp dans le nord-est du pays. Témoignages.

Mais mercredi, la Russie s'est opposée à l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une déclaration réclamant une cessation des hostilités et le respect du droit international humanitaire dans cette région, selon des sources diplomatiques. L'ONU a appelé la Turquie voisine à accueillir ces déplacés, mais ce pays qui accueille déjà quelque 3,7 millions de Syriens depuis 2011 veut éviter un nouvel afflux. (20 minutes/afp)

Des chiffres impressionnants

560'000 enfants.

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