Tour de France: A l'attaque du Géant de Provence

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Tour de FranceA l'attaque du Géant de Provence

Dimanche, les coureurs du Tour de France grimperont un mythe. L'arrivée de la quinzième étape sera jugée au sommet du Mont Ventoux.

par
Robin Carrel

La montée sur le «Mont Chauve» ne sera pas la seule difficulté de la journée. La canicule sévit toujours sur le sud-est de la France et, même si quatre difficultés - trois cols de quatrième catégorie, un de troisième - sont au programme avant de terminer sur une hors-catégorie, c'est surtout la distance qui pourrait peser dans les jambes des coureurs. Avec un tracé long de 242 kilomètres, cette étape est la plus longue proposée par les organisateurs depuis treize ans. Pour l'anecdote, c'est la première fois de l'histoire que le Ventoux sera parcouru un 14 juillet, jour de fête nationale en France.

La Grande Boucle a une histoire particulière avec ce lieu, depuis la mort, en direct devant les caméras de TV, de Tom Simpson en 1967 (voir vidéo ci-dessus). Le Britannique est décédé d'un collapsus cardiaque en pleine étape, victime autant de la chaleur que d'un excès de «médicaments». Un autre coureur a laissé la vie dans les lacets de cette montagne culminant à 1912 mètres. En 1983, un peu plus haut que Simpson, l'amateur Pierre Kraemer ne s'est jamais relevé.

La plus difficile

Dimanche, les rescapés du 100e Tour de France attaqueront le Ventoux par sa face la plus difficile. Depuis le village de Bédoin, le peloton va grimper 20,8 kilomètres à une moyenne de 7,5 % (1598 mètres de dénivelé). Le record de cette montée est toujours détenu par Iban Mayo. En 2004, alors que l'EPO sévissait encore largement au sein du peloton, il avait fallu 55 minutes et 51 secondes à l'Espagnol pour remporter le contre-la-montre faisant office de quatrième étape du Dauphiné Libéré.

Les battus des éventails de vendredi voudront à coup sûr se venger. L'équipe Movistar n'a pas digéré le traitement infligé à leur leader Alejandro Valverde. «Je peux comprendre l'attitude des Belkin, qui ont roulé toute la journée, a indiqué l'Espagnol vendredi. Par contre, je ne peux pas accepter le fait que les Europcar aient roulé à l'avant. Maintenant, nous allons essayer d'aider Quintana à obtenir un bon classement à Paris.» L'équipe ibère avait déjà dynamité le peloton il y a une semaine dans les Pyrénées. On peut compter sur elle pour lancer des offensives de loin, dorénavant. Elle n'a plus rien à perdre.

Froome en reconquête

Chris Froome n'avait rien gagné avant l'année 2013 et manque un peu d'expérience, au moment de rouler à l'avant toute la journée. Le Britannique en a payé le prix en perdant un peu plus d'une minute sur Alberto Contador et consorts en direction de Saint-Armand-Montrond. Le coureur de la Sky n'a toutefois pas à se faire de soucis. Il a montré depuis deux semaines qu'à défaut d'être le plus malin, il est bel et bien le plus fort. Le «Kényan blanc» peut créer de nouveaux écarts dès le Ventoux.

Le fabuleux train de l'équipe anglaise vu l'année passée connaît quelques ratés et ils ne sont plus que sept à le composer. «Edvald Boasson Hagen (ndlr: qui a abandonné vendredi matin) faisait une grosse partie du boulot, a concédé Froome. Il nous a beaucoup manqué dans une étape comme vendredi. Notre formation est clairement plus faible, sans lui ni Kiryienka (ndlr: arrivé hors délai dimanche passé).» Sur une montée sèche comme dimanche, le vainqueur du dernier Tour de Romandie peut se défendre sans problème. Mais quand il s'agira de gravir plusieurs cols dans la même étape, cela s'annonce plus compliqué. C'est là la chance de ses opposants.

Et ce n'est qu'un début.

La quinzième levée prévue dimanche marquera le début d'une semaine infernale pour les coureurs. Ils auront certes congé lundi, mais le reste de la semaine s'annonce épique. Mardi, ils ont rendez-vous à Gap, au terme d'un parcours accidenté. Les puncheurs s'expliqueront surtout dans le Col de Manse, un deuxième catégorie sis à 11,5 kilomètres de l'arrivée. Les choses se corseront encore plus le lendemain. Le contre-la-montre individuel entre Chorges et Embrun (32 km) proposera deux montées de deuxième catégorie.

Les prétendants au podium à Paris, qui auront laissé des plumes sur le «chrono», pourront se refaire jeudi. Pour la première fois en 110 ans d'histoire, le peloton grimpera deux fois vers l'Alpe d'Huez la même journée. C'est surtout la descente, via le Col de Sarenne, qui faisait peur à tout ceux qui ont déjà reconnu le parcours. Resteront ensuite deux arrivées en altitude, au Grand-Bornand, puis au Semnoz en dessus d'Annecy, pour dégager la hiérarchie définitive.

Les sprinters sont eux réduits à la portion congrue. Ils n'ont plus que la dernière journée pour essayer de remporter un bouquet. Ceux qui auront réussi à passer les Alpes sans encombre s'expliqueront sur les Champs-Elysées, au terme d'un emballage final qui offrira deux nouveautés. Le peloton pourra, pour une fois, faire le tour de l'Arc de Triomphe sur le circuit tracé dans les rues de Paris. L'arrivée est quant à elle prévue au soleil couchant. Le maillot jaune passera une dernière fois la ligne d'arrivée aux alentours de 21h15, pour un beau feu d'artifice final.

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