Loi anti-tabac à Genève: «A l'heure du café matinal et de l'apéro, c'est mort»
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Loi anti-tabac à Genève«A l'heure du café matinal et de l'apéro, c'est mort»

Dix jours après l'entrée en vigueur de la loi anticlope, les bistrots de quartier voient leur chiffre d'affaires s'effondrer.

par
Didier Tischler

La cigarette est interdite dans les lieux publics depuis le 31 octobre dernier. Bonne pour la santé, l'application de la loi est très moyenne pour le commerce. «Mes craintes sont les mêmes que lors de la campagne avant la votation, affirme Laurent Terlinchamp, le patron des cafetiers et restaurateurs. Certains bistrots pourraient voir leur chiffre d'affaires chuter jusqu'à 80%».

Après dix jours d'interdiction, la désertion des clients fumeurs se fait déjà clairement sentir dans certains bistrots historiques. «A l'heure du café matinal et de l'apéro de fin de journée, c'est mort», témoigne une serveuse du café de la Presse à Plainpalais. Même son de cloche à la Sportive, rue de Carouge, qui aurait perdu au minimum 20% de sa clientèle matinale. A l'Equipe, dans le quartier de la Jonction, sur le coup de 9 h du matin, la salle est quasi vide. «Au lieu de me payer un café à 3 balles sans pouvoir fumer une clope, je le prends au boulot et vais en griller une sur le trottoir», témoigne un ex-habitué du lieu.

Dans les colonnes de l'hebdomadaire «GHI», Laurent Terlinchamp prévoit à terme «une perte de 2000 emplois et la fermeture de 250 restaurants». La Société des cafetiers va envoyer début janvier un questionnaire à ses 1400 membres. Ils seront appelés à analyser les conséquences économiques de la loi antitabac.

«C’est une période de transition et j’en déplore les conséquences. Mais une autre clientèle reviendra.» Pierre-François Unger, ministre de la Santé.

«C’est une période de transition et j’en déplore les conséquences. Mais une autre clientèle reviendra.» Pierre-François Unger, ministre de la Santé.

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