09.10.2017 à 17:39

PublicitéA l'origine du «Like» de Facebook, ils le renient

D'anciens salariés de Facebook fustigent les dérives du fameux bouton qu'ils avaient développé.

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«C'est très fréquent pour les êtres humains de développer avec la meilleure des intentions des choses qui finissent par avoir des conséquences involontaires et fâcheuses.» Dans un article du «Guardian», Justin Rosenstein, ex-employé de Facebook, avoue ne plus aimer le fameux bouton «Like» dont il avait créé un prototype il y a huit ans. Il l'a requalifié de «truc brillant de pseudo-plaisir» en dénonçant sa participation à «l'économie de l'attention» modelée à la seule fin de satisfaire la demande des annonceurs.

Après avoir déjà limité son accès à Facebook, Justin Rosen­stein, 34 ans, a pris des mesures draconiennes dans sa vie de tous les jours. Il a chargé son assistante d'installer une fonction de contrôle parental sur son iPhone pour l'empêcher de télécharger des applications.

Egalement à l'origine du bouton «Like», Leah Pearlman, 35 ans, a aussi tourné le dos au réseau social. La graphiste a installé une extension sur son navigateur pour le bannir et a délégué la veille de sa page Facebook. Tristan Harris, un ex-Googler de 33 ans, avait auparavant déjà stigmatisé le pouvoir pris par l'industrie de la tech. «Toute notre attention peut être détournée. Nos choix ne sont pas aussi libres que nous le pensons.

Une poignée de personnes, travaillant dans une poignée de groupes technologiques, orientent ce qu'un milliard de personnes pensent aujour­d'hui», avait-il déclaré à l'occasion d'une conférence TED au Canada.

Du rouge efficace

Du rouge efficace

Les graphistes avaient initialement choisi le bleu pour l'icône de notifications qui s'affiche sur Facebook (requête d'amis, J'aime, etc.). «Mais personne ne l'utilisait, raconte Tristan Harris. Ils l'ont alors mise en rouge et bien sûr tout le monde a commencé à s'en servir.» Rien de plus efficace pour capter l'attention du mobinaute. Comme le relève l'ex-Googler, le rouge est une couleur de déclenchement, qui est notamment utilisée pour les signaux d'alarme.

Des airs de machine à sous

On doit à Loren Brichter la manipulation du glisser vers le bas sur l'écran pour obtenir davantage de nouvelles sur le fil d'actualité. L'homme l'avait conçue pour Twitter en 2009, mais sans jamais avoir imaginé qu'elle deviendrait addictive. Loren Brichter, 32 ans, ne réfute pas aujourd'hui l'analogie avec la machine à sous faite par Tristan Harris. «Vous ne savez pas ce qui arrive, explique celui-ci. Parfois, c'est une belle photo. Parfois, c'est juste une publicité.» Et il y a toujours le plaisir de réactiver soi-même la machine à nouvelles.

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