Actualisé 16.02.2017 à 05:03

Grande-Bretagne

A l'Ukip, l'après-Brexit a débuté

Le parti europhobe britannique cherche désormais à grignoter des voix au parti travailliste.

1 / 150
Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Keystone
Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

AFP
Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

AFP

Brexit, le jour d'après : le parti europhobe britannique Ukip, qui avait fait de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sa raison d'être, cherche désormais à grignoter des voix au parti travailliste, en pleine crise existentielle.

Sorti à l'automne d'une crise de succession née de la démission de Nigel Farage, son chef charismatique, le parti anti-immigration réunit ses troupes vendredi à Bolton, ancien bastion textile du nord de l'Angleterre, pour sa conférence de printemps.

Sous le feu des projecteurs durant la campagne du référendum sur le Brexit, qu'il appelait de ses voeux depuis deux décennies, l'Ukip a connu un deuxième semestre 2016 nettement plus délicat: d'abord remplacé par Diane James, Nigel Farage avait même dû reprendre temporairement les rênes du parti après la démission surprise de la nouvelle leader.

«Je suis arrivé à la conclusion que l'Ukip est ingouvernable sans Nigel Farage pour le diriger et la cause du référendum pour le rassembler», déplorait en octobre Steven Woolfe, un temps pressenti pour succéder à Nigel Farage, en claquant la porte du parti. Paul Nuttall, ancien chef-adjoint du parti, a finalement été élu à sa tête fin novembre. Il s'emploie depuis à remettre l'Ukip sur les rails. Alors que les négociations de sortie du Royaume-Uni de l'UE doivent débuter au printemps, et que les partis populistes prospèrent en Europe, l'Ukip a une carte à jouer, estiment les experts.

Toutes les étoiles sont alignées

Pour Eric Kaufmann, du Birkbeck College de l'Université de Londres, le parti doit faire pression sur le gouvernement conservateur pour obtenir un «hard» Brexit lors des négociations avec Bruxelles, en insistant sur «la mise en place d'un contrôle total de l'immigration».

Et «si le gouvernement s'oriente vers un soft Brexit (avec un contrôle partiel de l'immigration, NDLR), l'Ukip pourra l'accuser de se vendre aux intérêts du monde des affaires», ajoute-t-il.

L'Ukip espère aussi tirer profit de l'impopularité actuelle du Labour, le principal parti d'opposition, miné par de profondes divisions. «Je veux qu'on remplace le parti travailliste et qu'on devienne la voix patriotique du peuple», avait lancé Paul Nuttall lors de son élection.

«Les ouvriers qui votent Labour mais sont contre l'immigration préfèrent voter pour l'Ukip que pour le parti conservateur, trop associé à leurs yeux aux classes moyennes et supérieures», explique à l'AFP Eric Kaufmann. «Pour autant, nuance-t-il, la plupart des électeurs travaillistes sont peu susceptibles de passer du côté de l'Ukip».

Premier test électoral en vue

Pour l'instant, malgré ses ambitions, le parti plafonne à un député, sur 650, malgré les 4 millions de voix recueillies aux élections législatives de 2015. Test de cette capacité de l'Ukip à supplanter le Labour dans certaines régions désindustrialisées du pays, Paul Nuttall cherchera à se faire élire la semaine prochaine dans la circonscription de Stoke-on-Trent Central (centre), aux mains du Labour depuis sa création en 1950.

«Si l'Ukip ne parvient pas à s'imposer à Stoke Central, circonscription industrielle à forte composante ouvrière, reléguée économiquement et où près de 7 électeurs sur 10 ont voté en faveur du Brexit, où peut-il s'imposer?», s'interrogeait dimanche le politiste Matthew Goodwin, spécialiste de l'extrême droite, dans une analyse publiée dans le journal The Sun. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!