Formation: A la matu, les filles sont devant les garçons
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FormationA la matu, les filles sont devant les garçons

Les filles sont majoritaires à l'obtention de la maturité. Elles occupent toutefois moins de postes à responsabilités. Le système d'enseignement pourrait être en cause.

par
rmf
AFP/Richard Bouhet

Dans les dernières volées d'étudiants, près de 43% des filles ont décroché une maturité fédérale, au gymnase ou dans une école professionnelle ou technique, alors qu'ils n'étaient que 33% des garçons. Les chiffres de l'Office fédéral de la statistique sont clairs: dans les gymnases et les lycées, les élèves sont désormais majoritairement féminines dans tous les cantons, rapporte le «Tages-Anzeiger». En 1995, ils étaient pourtant à égalité: 18% des filles et 18% des garçons parvenaient jusqu'au sésame.

Inégalité plus forte en Suisse romande

La part de femmes ayant obtenu le diplôme de secondaire II est particulièrement haute en Suisse romande. Elles sont 36% à Genève, contre 24% en moyenne nationale. Le canton le plus bas à ce niveau est Obwald, avec un taux de 12% de femmes au gymnase. Pour ce qui est des maturités spécialisées, les femmes sont également largement devant, au contraire des maturités professionnelles, mais la tendance est en train de s'inverser.

Si une explication claire n'existe pas, estime le journal, un des facteurs est le choix d'un apprentissage ou d'une formation scolaire: le second tente davantage les filles, le premier les garçons, probablement pour des raison de perspectives salariales à court terme. A l'inverse, une professeure de gymnase précise que les garçons obtiennent plutôt un diplôme tardif, vers 25 ou 30 ans, «parce qu'ils savent qu'ils ont plus de temps que les femmes pour construire leur carrière.»

Un système pensé pour les filles?

«L'éducation émancipatrice et la promotion des femmes ont porté leurs fruits», explique Margrit Stamm, spécialiste de l'éducation. Pourtant, les femmes sont encore largement sous-représentées dans les postes de direction. Elles se font souvent moins confiance, explique la professeure. Il est donc d'autant plus important qu'elles y trouvent leur place afin d'aider les jeunes en tant que modèle et mentor.

Pour Rudolf Strahm, ancien conseiller national socialiste et expert en éducation, la prédominance de filles au gymnase est liée au système d'éducation. Depuis les années 90, les compétences linguistiques pèsent toujours plus dans les moyennes, désavantageant les garçons, comme le prouvent plusieurs études. Ceux-ci sont en effet généralement plus doués dans les sujets mathématiques.

Selon Strahm, les branches linguistiques constituent un obstacle sur le chemin des garçons. Ceci expliquerait pourquoi trop peu de personnes sont formées dans les branches scientifiques, une tendance ayant un impact sur le marché du travail.

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