Espagne: A la «Saint-Joint», on veut légaliser le cannabis
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EspagneA la «Saint-Joint», on veut légaliser le cannabis

Entre séances de dégustation et conférences d'experts, 500 personnes ont célébré pendant trois jours à Fuerteventura, dans l'archipel des Canaries, la «San Canuto», ou «Saint-Joint».

Les amateurs de fumette ont profité de cette date née d'une plaisanterie en Espagne pour réclamer la légalisation du cannabis.

«Californie», «Tsunami», «Révolution»: le menu est affiché sur une ardoise derrière un petit comptoir. Pour six euros le gramme, les assistants, tous membres de clubs de consommateurs de cannabis, ont pu faire leurs emplettes.

Non loin de là, un petit groupe était rassemblé pour une dégustation autour d'une table, sur laquelle ils roulaient des joints ou préparaient des pipes à cannabis avant de noter leurs appréciations sur des fiches.

Des cultivateurs avaient préparé pour l'occasion de cette rencontre, démarrée vendredi, des échantillons de marijuana soigneusement emballés dans des sachets en plastique transparent. Médecins, biochimistes mais aussi une économiste: certains experts avaient fait le déplacement depuis la France, l'Autriche ou l'Allemagne.

Saint-Canut

Leur rassemblement dans cet espace très enfumé coïncide avec la Saint-Canut, un ancien roi du Danemark, martyr, dont le nom en espagnol, Canuto, correspond au mot d'argot désignant un joint.

«Le jour de la Saint-Canut est fêté dans tous le pays et sert à revendiquer les droits des consommateurs de cannabis», expliquait José Maria Alonso, le président de l'Association de cannabis à usage médicinal de Fuerteventura (ACMEFUR), qui organisait la rencontre dans son club de consommateurs.

Consommation tolérée

Si la loi espagnole interdit la production de drogue douce à des fins de revente et sa possession dans les lieux publics, elle la tolère selon des critères précis, en privé, entre personnes majeures et dans un cadre strictement non lucratif.

Des dizaines de clubs ont fleuri à travers le pays, offrant une alternative aux consommateurs qui ne souhaitent pas se fournir sur le marché clandestin et profitent ainsi d'une relative protection au regard de la loi.

«Nous nous trouvons à un point où nous savons que si nous nous unissons, nous pouvons pousser au changement», affirmait à l'AFP Ibai Ateka, porte-parole de la fédération des clubs de cannabis basques, précisant espérer que le flou juridique actuel soit résolu afin de pouvoir «continuer à cultiver dans le cadre de la loi actuelle». (ats)

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