Evenement politique et artistique: A la Scala, entre art et crise
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Evenement politique et artistiqueA la Scala, entre art et crise

Une Carmen, interprétée par la jeune Géorgienne Anita Rachvelishvili, a enthousiasmé lundi soir le public de la Scala de Milan, tandis qu'à l'extérieur un cortège d'ouvriers dénonçait l'impact social de la crise.

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afp/vj

Evénement politico-mondain, la première de la Scala - qui se déroule toujours le 7 décembre, jour de la Saint-Ambroise, le patron de la ville - a vu défiler les personnalités dont le président italien Giorgio Napolitano, ses homologues sénégalais Abdoulaye Wade et gabonais Ali Bongo Ondimba ou l'écrivain américain Dan Brown.

Agée de 25 ans, diplômée de l'Académie de la Scala, la mezzo-soprano quasi inconnue, Anita Rachvelishvili, dont c'était le premier grand rôle, a reçu une ovation de près d'un quart d'heure. «Le rêve continue et j'espère qu'il continuera», a-t-elle déclaré, comblée, après sa performance vocale.

Une lecture d'Emma Dante selon qui «être Carmen signifie transgresser les règles, s'éloigner du moralisme et de l'hypocrisie (...) éprouver l'ivresse de la liberté (...) et par conséquent remettre en question l'existence de Dieu».

Pour sa toute première fois à l'opéra, Emma Dante, figure de proue du théâtre contemporain italien, a elle subi les foudres du public milanais qui l'a sifflée copieusement. Chargée de symboles, sa mise en scène est originale mais ne semble pas scandaleuse. «Peut-être que des idées n'ont pas été comprises car elles ne se trouvent pas dans le livret mais il n'y a toutefois pas eu d'exagérations. Je suis contente du travail que j'ai réalisé, les contestations sont des réactions vitales», a-t-elle réagi à la fin du spectacle.

A l'extérieur, acteurs et musiciens ont manifesté contre les coupes budgétaires tandis qu'un cortège d'ouvriers dénonçait l'impact social de la crise. Des revendications qui sont rentrées dans la salle, les musiciens ayant marqué une minute de silence par solidarité.

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