Actualisé 07.04.2006 à 05:24

A Marbella, les écoliers sans papier WC

Une affaire de corruption secoue la station balnéaire espagnole qui accueille grosses fortunes et starlettes. Mme le Maire et ses sbires sont sous les verrous.

Marbella est à la fois une luxueuse station balnéaire méditerranéenne et une mairie en faillite. Dans le centre coquet aux maisons blanches, réhabilité par le maire populiste Jesús Gil (1991-2002) se trouve la mairie, sur une place entourée de restaurants pour touristes, où flotte un parfum de scandale.

C'est dans ce bâtiment sans prétention qu'officiaient la maire Marisol Yagüe, ex-chanteuse de folklore andalou, sa première adjointe Isabel Garcia Marcos, qui s'était fait connaître pour ses diatribes anticorruption, et deux conseillers municipaux. Tous quatre ont été incarcérés pour corruption au cours d'une opération qui a permis la saisie de biens d'une valeur dépassant les 3,7 milliards de francs.

En bord de mer, des immeubles géométriques se succèdent, cédant place à de grandes propriétés cernées de hauts murs, de golfs. Vers l'ouest, le port de plaisance de Banus est le repaire de gros navires de plaisance, comme le yacht de 80 mètres de feu le roi Fahd. Au milieu de ce luxe, la mairie de Marbella, surendettée, a été déclarée en «faillite technique». Le personnel de nettoyage se plaint de manquer de produits, de balais. Dans certaines écoles publiques, les élèves doivent apporter leur papier WC.

Le principal suspect, Juan Antonio Roca, dispose selon le juge d'une «fortune démesurée», qui se compte en villas, voitures de luxe, taureaux de combat, et toiles de maître, parmi lesquelles, selon des documents publiés par la police, un Miró accroché au-dessus de son jacuzzi.

(afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!