Actualisé 29.10.2017 à 16:51

Nata«A mes débuts, je n'étais pas prise au sérieux»

L'artiste d'electro Nata s'apprête à publier son 1er EP, «Epsylon». Elle en parle, ainsi que de son statut de femme DJ dans un monde de mecs.

de
Fabien Eckert

Son visage est bien connu par ceux qui ont fréquenté le MAD, le D! Club ou les festivals tels que le Montreux Jazz ou Electroz'Arènes. Nata, 27 ans, a lancé sa carrière de DJette il y a une dizaine d'années. Ce n'est pourtant que le vendredi 3 novembre 2017 que cette habitante de Saint-Légier (VD) sortira son premier EP.

Nata, pourquoi avoir attendu autant de temps?

J'avais la frousse. C'est intimidant d'offrir une petite partie de soi aux gens et à leurs critiques. Ça fait cinq ans que je produis des titres, mais ils sont toujours restés sur mon ordi. Ce n'est que dernièrement que j'ai rencontré des personnes qui m'ont donné confiance en moi et qui m'ont incitée à les sortir. Il y aura d'ailleurs d'autres EP à venir.

Quelles sont vos influences?

J'aime la tech house. Notamment celle de Marco Carola. J'aime aussi le côté tribal avec une basse groovy. Sur un morceau de l'EP, j'ai ajouté des nappes vocales assez hypnotiques. Je n'ai pas voulu gommer cet aspect planant que j'ai depuis mes débuts.

Etre une femme, c'est un avantage ou un inconvénient dans la scène électronique?

J'ai toujours voulu que l'on me booke pour mon travail et non pas pour que je montre mes seins. Le milieu a changé en dix ans. Au début, il y avait peu de filles DJ. Je n'étais pas prise au sérieux. J'ai dû bosser plus que les hommes. On m'a aussi dit que le mix, c'était un truc de mec. Du coup, j'ai appris toute seule. Aujourd'hui, je suis acceptée d'égal à égal.

Le public vous connaissait sous le pseudo de Lady Noon. Pourquoi en avoir changé?

Ce nom était lié à mon adolescence. Il n'était plus en adéquation avec qui je suis aujourd'hui. Je ne regrette pas d'avoir pris ce risque, même si j'ai perdu des bookings et l'embryon de renommée que j'avais.

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