Actualisé 18.04.2017 à 19:17

Jura / BerneA Moutier, un vote pour clore le conflit jurassien

Le 18 juin 2017, la petite ville de Moutier devra décider si elle souhaite rester dans le canton de Berne ou être rattachée au canton du Jura.

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Le conseiller d'Etat bernois Pierre Alain Schnegg (au milieu) et le président de la délégation du Conseil municipal de Moutier Valentin Zuber (à gauche) ont souligné mercredi que leur objectif commun était de résoudre le plus rapidement possible la question de Moutier lors d'un vote qui serait irréprochable. (Mercredi 29 janvier 2020)

Le conseiller d'Etat bernois Pierre Alain Schnegg (au milieu) et le président de la délégation du Conseil municipal de Moutier Valentin Zuber (à gauche) ont souligné mercredi que leur objectif commun était de résoudre le plus rapidement possible la question de Moutier lors d'un vote qui serait irréprochable. (Mercredi 29 janvier 2020)

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Le Conseil municipal de Moutier a accepté la demande de Berne de lui donner accès à son registre électoral. (Mercredi 4 décembre 2019, photo d'illustration)

Le Conseil municipal de Moutier a accepté la demande de Berne de lui donner accès à son registre électoral. (Mercredi 4 décembre 2019, photo d'illustration)

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Le Ministère public a ouvert seize instructions pour soupçons de fraude électorale suite à la votation sur l'appartenance cantonale de Moutier du 18 juin 2017, selon un communiqué de la justice bernoise. (Mercredi 20 novembre 2019)

Le Ministère public a ouvert seize instructions pour soupçons de fraude électorale suite à la votation sur l'appartenance cantonale de Moutier du 18 juin 2017, selon un communiqué de la justice bernoise. (Mercredi 20 novembre 2019)

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Dans trois mois, les citoyens de Moutier diront s'ils veulent rejoindre le canton du Jura ou rester bernois. A l'approche de ce scrutin que d'aucuns qualifient d'historique, la campagne encore timorée se focalise sur l'avenir de l'hôpital de la cité prévôtoise.

«Voulez-vous que la commune de Moutier rejoigne la République et Canton du Jura ?». C'est la question qui sera posée le 18 juin aux citoyens de la cité prévôtoise. Ce vote marquera la dernière étape d'un processus devant clore la Question jurassienne.

Moutier avec ses 7700 habitants constitue un cas à part dans le conflit jurassien. Lors des plébiscites de 1974 et 1975 qui ont abouti à la création du canton du Jura, la ville a choisi son maintien dans le canton de Berne. Mais depuis des décennies, les citoyens élisent des autorités autonomistes.

Convaincre les indécis

La majorité des Prévôtois sait déjà définitivement ce qu'elle va déposer dans les urnes. Mais il reste une petite partie d'électeurs non politisés et habituellement abstentionnistes que les comités de campagne s'emploient à séduire. Seule certitude, l'issue du vote s'annonce très serrée.

Pour les partisans du transfert de Moutier dans le canton du Jura, le choix de l'appartenance cantonale est une affaire de coeur et d'identité. Dans le camp adverse, l'on brandit les incertitudes liées au changement de canton.

Dans ce contexte, la campagne se focalise sur le sort de l'hôpital. Pour le comité Moutier-Prévôté, un départ mettrait en danger la pérennité de l'établissement en raison de sa proximité avec l'hôpital de Delémont. Pour le mouvement Moutier-Ville jurassienne, l'avenir de l'hôpital n'est pas directement lié à la question institutionnelle.

Climat apaisé

Les deux camps se rejoignent toutefois sur un point, la campagne se déroule relativement bien. La ville n'est pas contaminée par un climat délétère comme lors des plébiscites des années 70 et son lot d'intimidations. Aucun acte de vandalisme et de barbouillages d'un côté ou de l'autre n'a été signalé.

Ce scrutin est aussi un événement pour les institutions suisses. «Nous pouvons être fiers de ce vote, car il est la preuve que nous pouvons, dans notre pays, résoudre des controverses de façon transparente et démocratique», a déclaré récemment Dick Marty, président de l'Assemblée interjurassienne, au Quotidien jurassien.

Rôle déterminant de l'AIJ

Mais le climat n'a pas toujours été aussi apaisé. Malgré l'entrée en souveraineté du canton du Jura en 1979, la situation est restée tendue. Les milieux séparatistes ont poursuivi leur lutte en faveur de la réunification et les cantons de Berne et du Jura n'ont pas instauré un véritable dialogue.

Face à ce blocage et au mécontentement manifesté par une partie de la population, les cantons de Berne et du Jura ont créé, le 25 mars 1994, l'Assemblée interjurassienne sous l'égide de la Confédération. Cette instance a reçu pour mandat de régler le conflit jurassien. Le vote du 18 juin est l'ultime étape du processus entamé par l'AIJ.

Sous son impulsion, les gouvernements ont établi en février 2012 une feuille de route. Le document prévoyait l'organisation d'un vote à l'échelle du Jura bernois et du Jura sur l'idée de lancer une étude sur un nouveau canton. Il offrait aussi la possibilité aux communes de se déterminer en cas de refus d'une solution globale.

Lors du vote du 24 novembre 2013, le Jura bernois refusa par plus de 70% des voix l'idée de créer un nouveau canton. Seule la commune de Moutier se prononça en faveur de ce rapprochement par 55,4% des votants. Fort de ce résultat, les autorités autonomistes déposèrent une demande pour un vote séparé sur leur avenir institutionnel.

Couronne prévôtoise

Les communes de Belprahon, de Grandval, de Crémines et de Sorvilier, totalisant quelque 1500 habitants, ont également demandé à pouvoir se prononcer sur leur appartenance cantonale. Les trois premières ont assorti leur requête d'une condition: que Moutier choisisse de rejoindre le canton du Jura le 18 juin. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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