16.06.2019 à 12:53

Projet de réhabilitationA Muttenz, les étudiants logent à l'ancien hôpital

Parfois, ce qui est bon marché peut être très cool. L'ancien hôpital est une solution intermédiaire offrant des logements très spéciaux.

von
Daniela Gschweng
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L'ancien hôpital «Rennbahn» à Muttenz (BL) accueille désormais des étudiants.

L'ancien hôpital «Rennbahn» à Muttenz (BL) accueille désormais des étudiants.

Daniela Gschweng
Seule l'inscription «Rennbahn» rappelle aujourd'hui l'ancien hôpital «Rennbahnklinik».

Seule l'inscription «Rennbahn» rappelle aujourd'hui l'ancien hôpital «Rennbahnklinik».

Daniela Gschweng
Lors de la journée «Open House», l'architecte Dominique Salathé a montré des images de la transformation du bâtiment.

Lors de la journée «Open House», l'architecte Dominique Salathé a montré des images de la transformation du bâtiment.

Daniela Gschweng

Sur la façade du bâtiment se situant à Muttenz (BL), on peut encore lire l'inscription en lettres rouges «Rennbahn», un rappel à l'ancien hôpital «Rennbahnklinik» où l'on soignait jadis de célèbres sportifs, à l'instar de Roger Federer. Médecins et infirmiers ont depuis longtemps quitté les lieux, laissant désormais place à des étudiants.

A 15 minutes du centre-ville

Depuis 2015, l'ancien hôpital a été réhabilité en résidence universitaire. A proximité du campus de la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW), il se trouve à seulement 15 minutes à vélo ou en transports en commun du centre-ville de Bâle. Construit dans les années 1970, le bâtiment en béton aux grandes fenêtres et à la façade verte ne casse, a priori, pas des briques. Mais une fois à l'intérieur, il n'a vraiment rien à voir avec une résidence universitaire classique.

Il y a peu, tout un chacun a pu visiter les lieux. Lors de la journée «Open House Basel», les portes de certaines colocations étaient ouvertes au public. Quand on est locataire dans l'ancien hôpital, on dispose d'une chambre aux murs à l'état brut, de hauts plafonds et de vastes espaces communs partagés avec deux à six colocataires. Un style qu'Annette Vonder Mühll, de l'association «Verein für Studentisches Wohnen (WoVe)», qui gère les appartements, caractérise de «loft».

Une vaste colocation

«En tant qu'étudiant, on a rarement l'occasion d'occuper un logement aussi grand», affirme Niklas, un résident du 2e étage qui a gentiment renseigné les visiteurs lors des portes ouvertes. Rien que le couloir de sa colocation pourrait accueillir la moitié d'une famille. Si la salle de bain jouxtant la cuisine n'est pas très grande, elle offre en contrepartie un volume d'autant plus important dans le salon, agréablement aménagé avec ses grandes fenêtres, au coin de l'appartement en forme de L.

La configuration quelque peu inhabituelle des logements est due au plan du bâtiment qui ressemble à un vaisseau spatial pixélisé d'un jeu vidéo des années 1980. Sans doute aussi l'une des raisons pour lesquelles le bâtiment n'a pas trouvé de repreneur après le déménagement de l'hôpital en 2014. S'ajoute à cela les problèmes d'acoustique. En raison de sa situation à proximité d'un grand carrefour, il est même interdit d'habiter dans certaines parties du bâtiment. Au départ, sa durée d'utilisation était d'ailleurs limitée à dix ans.

Le résultat de l'audace en architecture

Selon le bureau d'architectes Sabarchitekten (désormais Salathé Architekten Basel), les conditions idéales étaient réunies pour y créer des logements en colocation. La réhabilitation de l'ancien hôpital en résidence universitaire n'a pas manqué de séduire le propriétaire et la commune de Muttenz. Les appartements très spéciaux sont un exemple du résultat de l'audace en architecture.

Surtout quand on ne dispose que d'un maigre budget, «point crucial du projet», comme l'a souligné l'architecte Dominique Salathé, partenaire responsable de Sabarchitekten, qui en a dessiné les plans. Après tout, les logements devaient rester abordables pour des étudiants.

Uniques vestiges: les salles de bain

On a viré les moquettes, les revêtements de plafonds et les murs obsolètes. Pour des raisons financières, on n'a conservé que les anciennes salles de bain, ne laissant guère plus que l'enveloppe du bâtiment en place. On a créé des chambres à coucher dans la partie la plus calme et consacré la partie donnant sur la route à de grands espaces de vie. Les architectes ont volontairement fait l'impasse sur tous les travaux jugés inutiles, comme la peinture et le plâtre.

Par souci d'économie, ils ont utilisé des matériaux recyclés, ce qui confère un caractère unique à chaque logement. Dans la kitchenette de la colocation de Niklas, le carrelage est jaune, alors qu'il est vert dans l'une des plus grandes colocations du 3e étage. Au sol, les revêtements ne sont pas uniformes et les installations sont laissées apparentes.

L'appartement n'est pas froid pour autant. Des encadrements de portes foncés et du contreplaqué y apportent un certain confort. Le couloir est tellement grand qu'on a même trouvé la place pour installer un bar maison à côté du babyfoot. Lors de la journée portes ouvertes, quatre des sept joyeux locataires étaient installés sur le canapé à regarder la télévision dans l'immense partie commune. S'ils ont refusé d'être pris en photo, ils n'ont en tous cas pas donné l'impression d'être malheureux entre ces murs.

Un loyer dans la tranche supérieure

Même si le projet a bénéficié du soutien de la commune de Muttenz, pour l'investisseur, il est à peine rentable. «Les honoraires ne sont évidemment pas élevés par rapport à l'effort fourni», dit Dominique Salathé. Affichant un loyer avec charges allant de 450 à 780 francs, les chambres de la «Rennbahn» se situent plutôt dans la tranche supérieure pour Bâle. Les chambres meublées, occupées principalement par des étudiants étrangers, sont un peu plus chères.

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