Actualisé 26.11.2014 à 09:31

Vevey (VD)

A peine condamné, il confie qu'il va tuer le plaignant

Un Kosovar puni pour avoir battu et terrorisé un jeune homme a été dénoncé par son psy à la police, qui l'a coffré. Un cas exceptionnel.

de
Christian Humbert

«Je vais le tuer!» C'est une menace de ce genre qu'a répétée jeudi un quinquagénaire à son psychiatre. Le praticien a pris l'affaire très au sérieux: il fallait faire vite pour éviter le drame annoncé.

Après avoir sollicité l'avis du médecin cantonal, il a averti la police. Un magistrat a aussitôt ordonné l'arrestation de l'individu. Le Tribunal des mesures de contrainte a confirmé sa détention pour au moins 3 mois.

Le bonhomme qui inquiète tout le monde est un Kosovar brutal, au physique imposant, fraîchement condamné par le Tribunal de Vevey. Mardi, deux jours avant son rendez-vous avec son psy, il avait écopé de 20 mois de prison, dont 9 ferme, pour avoir battu et kidnappé un étudiant qui discutait avec sa fille. Le quinqua, qui a fait appel, restait libre, faute de place en prison.

L'homme qui cogne plus vite que son ombre a aussi exercé sa tyrannie sur sa fille, dont il voulait tout contrôler, à l'extérieur comme à la maison, où la peur régnait.

Mais pourquoi ces menaces de mort après que les faits ont été jugés? Le quérulent reproche au jeune homme de ne pas avoir retiré sa plainte, malgré les messages incessants de sa camarade de classe, qui l'appelait à la clémence.

A l'en croire, le garçon qui avait eu la peur de sa vie, coincé dans une voiture avec un tournevis sur le cou, aurait dû passer l'éponge. Il estime aussi que la victime est à l'origine de ses problèmes et de sa possible expulsion de la Suisse, puisqu'il bénéficie d'un permis temporaire qui dure depuis... 24 ans.

Secret médical contre sécurité publique

Le thérapeute doit-il informer les autorités quand il sent que son patient présente un danger pour autrui? La règle de base est le secret médical. Mais, si le soignant estime quil y a un danger imminent, il doit en informer le médecin cantonal. Celui-ci en débat avec le procureur général, pour éviter déventuelles poursuites pour violation du secret médical. Le médecin cantonal vaudois est «sollicité 10 à 15 fois par an» pour de tels cas, sans que cela ne débouche nécessairement sur un avis à la police.

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