Actualisé 23.06.2020 à 14:56

Allemagne

A peine derrière les barreaux, l'ex-PDG de Wirecard va être libéré

Pris dans un scandale financier de grande ampleur, l’homme a démissionné vendredi. La fraude commise pourrait porter sur un montant de près de 2 milliards d’euros.

Markus Braun, ici en avril 2019, faisait l’objet d’un mandat et s’était livré aux autorités. Pour sortir de prison, il faudra qu’il laisse 5 millions d’euros de caution.

Markus Braun, ici en avril 2019, faisait l’objet d’un mandat et s’était livré aux autorités. Pour sortir de prison, il faudra qu’il laisse 5 millions d’euros de caution.

AP/Keystone

Markus Braun, l'ancien président de la société financière Wirecard impliquée dans un vaste scandale de possibles comptes fictifs aux Philippines, va être libéré contre une caution de 5 millions d'euros, a annoncé mardi la justice allemande.

L’homme, qui avait démissionné de son poste vendredi, s'était livré de lui-même aux autorités après le lancement d'un mandat d'arrêt contre lui pour avoir «gonflé» artificiellement le bilan de l'entreprise allemande de services de paiement en ligne en vue de le rendre «plus attractif pour les investisseurs et les clients», selon le parquet de Munich. Présenté dans la journée à un juge, «l'accusé sera libéré dès que la caution aura été entièrement versée», a expliqué cette même source dans un communiqué distinct.

Premiers soupçons début juin

L'enquête judiciaire lancée il y a quelques jours seulement porte sur un montant de plus de 1,9 milliard d'euros qui se sont évaporés aux Philippines des comptes de Wirecard. La justice soupçonne dorénavant une vaste fraude. Les enquêteurs soupçonnent aussi Markus Braun d'avoir agi «avec d’autres auteurs» au siège de l'entreprise bavaroise.

Le parquet de Munich enquêtait déjà sur l'ensemble du directoire de la fintech depuis début juin, en raison d'informations erronées données au printemps aux investisseurs pour les rassurer sur les risques de fraude. Les dernières découvertes sur les comptes présumés fictifs en Asie n'ont fait qu'amplifier les soupçons.

Wirecard «est tenue de clarifier» les choses et «de remédier à tous les griefs», a déclaré le ministre de l'Economie, Peter Altmaier, dans une interview mardi à t-online, alors que le pays découvre, abasourdi, l'ampleur de la fraude.

L’action en Bourse joue au yoyo

En Bourse, ce scandale a conduit depuis jeudi dernier à un sauve-qui-peut des investisseurs, le cours de l'action perdant près de 90% de sa valeur jusqu'à lundi. L'action remontait mardi en matinée de près de 16%, à 16,7 euros.

(AFP)

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9 commentaires
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John Davis

23.06.2020 à 18:14

L'industrie financière (et pas que financière) allemande dans toute sa splendeur : magouilles, mensonges triche, arrangements. Le tout sous couvert de la qualité... Mdr.

alext

23.06.2020 à 17:48

Reppelons le soutien indéfectible et incompréhensible du BAFIN, allant jusqu'à poursuivre des journalistes ayant des doutes...

gastz

23.06.2020 à 17:43

C'est comme ça que je crois en la loi et notre formidable monde honnête et bien défini. C'est beau tout ça.