Mobilité douce: «A pied à l'école» cartonne dans toute la Suisse romande

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Mobilité douce«A pied à l'école» cartonne dans toute la Suisse romande

Depuis 15 ans, les enfants sont toujours plus nombreux à se rendre à l'école à pied et les «parents taxis» se font plus rares en Suisse romande.

C'est bien mais on peut faire mieux, a rappelé mardi l'Association transports et environnement (ATE) à l'occasion de la 9e journée internationale «A pied à l'école».

Au total, 200 écoles de Suisse romande et du Tessin ont participé à l'événement au travers de différentes actions. Le succès était au rendez-vous dans les cantons de Vaud, Genève et dans le Jura, explique à l'ATS le conseiller en mobilité de l'ATE Alain Rouiller. «Dans les cantons de Fribourg, du Valais et de Neuchâtel, nous sommes plus mitigés».

Pour M. Rouiller, l'engouement moindre dans ces trois derniers cantons s'explique surtout par le rôle plus faible des associations dans ces régions.

Succès du pédibus

A Lausanne, des conseillers communaux ont accompagné les élèves sur les 35 lignes du pédibus, ces cortèges d'enfants qui se rendent à pied à l'école sous la conduite d'un adulte, généralement un parent. Le philosophe Alexandre Jollien, les chanteurs Pascal Auberson et Sanshiro, ainsi que l'artiste plasticienne Sylvie Moreillon ont pris la tête des pédibus.

Dans le canton, diverses animations étaient organisées: des lignes fictives de pédibus aux lâchers de ballons, en passant par des coloriages, distributions de pommes et de boissons.

Cinq ministres à Genève

A Genève, l'action a reçu un soutien massif des autorités. Cinq conseillers d'Etat sont allés à l'école en accompagnant des enfants sur de nouvelles lignes de pédibus. Les représentants de la Ville de Genève se sont aussi mobilisés.

Selon la Coordination du pédibus-Genève, depuis 2002 et le lancement du projet, plus de 60 lignes ont vu le jour. Chaque année scolaire voit en moyenne dix nouvelles lignes se créer, soit «le taux de renouvellement le plus élevé parmi les cantons romands».

A Neuchâtel, la commission cantonale d'éducation routière met sur pied depuis plusieurs années des actions «pedibus», a indiqué Jean- Claude Marguet, chef du Service de l'enseignement obligatoire. Celles-ci sont organisées dans un but de prévention de la santé et de la sécurité des élèves.

Quelque 23 groupes «pedibus» réunissant au total 250 enfants ont été constitués pour la rentrée scolaire du mois d'août, a ajouté Jean-Claude Marguet. Chaque groupe est placé sous la conduite d'un adulte pour se rendre à l'école à pied.

Des parents réticents

En Valais, les enfants qui ont pris le pédibus sont acquis à la cause, explique Fabienne Degoumois, coordinatrice pédibus Valais. Mais l'engouement est moins évident du côté des parents.

Mardi matin, la fermeture de quelques routes d'accès à des écoles a créé le mécontentement parmi les parents. Ceux-ci ont quand même préféré véhiculer leur enfant à l'école. «Il y a encore du boulot», estime Mme Degoumois.

Mais il ressort clairement que la sécurité est le principal souci des parents. Ceux-ci préfèrent amener leur enfant à l'école plutôt que de le laisser aller seul à pied avec parfois plusieurs routes à grand trafic à traverser.

Dans le canton de Fribourg, l'ATE a par ailleurs délivré des cartons jaunes aux «parents taxi». Parallèlement, nous les sensibilisons et les informons quant aux autres possibilités de transport, indique Nadya Rohrbach.

Dans un communiqué, l'association souligne que la situation s'est nettement améliorée en Suisse ces dernières années. De 1994 à 2005, la part des jeunes Romands qui vont à pied à l'école est passée de 42% à 52%. Mais on peut encore faire mieux à l'extérieur des villes, conclut l'ATE.

(ats)

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