Actualisé 22.04.2007 à 22:23

A Silver Mt. Zion prêche avec ferveur au Romandie

LAUSANNE – A Silver Mt. Zion a fait éclater sa musique de chambre post-apocalyptique dans un Romandie plein à craquer.

Entretien avec Becky Foon, charmante violoncelliste de A Silver Mt. Zion, juste avant de monter sur la scène du Romandie.

– Becky, comment se passe cette tournée européenne?

– Très bien, merci ! Cette tournée nous paraît beaucoup plus tranquille que les précédentes, car nous sommes sur la route pendant deux semaines et demie, alors que d'habitude les tournées durent au moins deux mois. Nous sommes toujours heureux de venir jouer en Europe.

– En jetant un coup d'œil à votre set-list de samedi dernier à Bruxelles, quatre morceaux inédits y figuraient. Ceci est-il annonciateur d'un nouvel album?

– Oui, l'enregistrement est prévu pour l'été, et nous espérons pouvoir sortir le nouveau matériel à la fin de l'année, entre octobre et décembre.

– Quelles sont les différences entre ces nouvelles compositions et celles du précédent «Horses In The Sky»?

– Tout d'abord, nous avons un nouveau batteur, Eric de Hangedup. Celui-ci a amené une nouvelle dynamique au groupe. Sa manière de jouer nous pousse à nous réinventer et permet aux anciens morceaux tels que «Mountains Made Of Steam» et «Take These Hands» de retrouver une nouvelle jeunesse. Les nouveaux morceaux, comme tu le verras ce soir, sont donc le prolongement du travail effectué jusqu'ici avec A Silver Mt. Zion. Je n'arrive pas vraiment à en parler, je te laisserai voir par toi-même.

– Une version live de «One Million Died To Make This Sound», morceau inédit, circule sur Internet depuis quelque temps. Que représente ce «Million»?

– Je ne sais pas vraiment, tu devrais plutôt le demander à Efrim (n.d.l.r. : chanteur principal du groupe). De toute manière, ce titre n'a pas vraiment de signification politique. Il s'agit plutôt d'un hommage à la musique. A toutes celles et ceux qui ont fait que nous en sommes là aujourd'hui. C'est également une manière de dire que nous sommes chanceux. Car c'est une chance pour nous de pouvoir vivre de notre musique, de pouvoir discuter avec toi aujourd'hui alors que le monde va si mal. C'est un privilège de pouvoir effectuer des tournées (n.d.l.r. : avant de jouer le morceau, Efrim déclarera : «C'est une chanson qui parle de l'amour pour la musique dans un monde où plus personne n'aime la musique»…).

– Pour en revenir à Internet, la rumeur circule que vous avez également l'intention de sortir un album live nommé «Fuck You Drakulas». Est-ce vrai?

– C'est effectivement une envie commune que de sortir un disque live. Mais cela demande beaucoup de travail, et nous n'avons pas la moindre idée de quand et comment cela va sortir. J'ai une anecdote concernant les rumeurs qui circulent via Internet.

Un jour, un journaliste me pose la question : «Est-ce que le prochain album s'intitulera «Horses In The Sky»? Je lui réponds : «Oui, mais comment sais-tu cela? Nous avons discuté de ce titre avec le groupe il y a quelques jours à peine, et nous sommes censés être les seuls au courant.» Tout circule si vite avec Internet, cela peut devenir inquiétant.

– Comment se passe le processus de composition de morceaux aussi longs et compliqués que les vôtres (les morceaux du groupe durent généralement plus de quinze minutes et affichent des variations mélodiques complexes)?

– Cela varie, mais, en général, tout part d'improvisations. Parfois un membre du groupe, Efrim principalement, arrive avec une idée, un riff ou des paroles. Les autres membres y intègrent ensuite leurs propres idées et mélodies. Il est vrai que notre musique est complexe, mais nous laissons parler notre cœur et tout arrive naturellement. De plus, nous avons évolué tous ensemble et nous nous connaissons très bien, ce qui facilite grandement ce processus. L'arrivée d'Eric va certainement changer des choses et nous ouvrir à d'autres horizons.

– Vois-tu une différence entre les différents publics que vous rencontrez?

– Nous tournons principalement en Europe, nous n'avons effectué que très peu de dates aux Etats-Unis. J'ai pu constater que le public européen réagit mieux avec les musiques complexes et semble beaucoup plus les apprécier.

– Que penses-tu des récents groupes issus de Montréal tels que Arcade Fire ou Wolf Parade?

– Je les aime bien, mais je n'écoute pas beaucoup ces groupes.

– Je pense que, sans vous, tous ces groupes ne seraient pas là…

– Merci ! Enfin ! Beaucoup de journalistes me disent le contraire, et je trouve cela très insultant. Cela me fait vraiment plaisir que tu dises cela !

Jérôme Burgener

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