Actualisé 12.10.2008 à 12:24

Crise financière

A Sydney, les «golden boys» bradent leur Ferrari

Normal Elkordi n'avait jamais vu ça. Vendeur de voitures de luxe à Sydney en Australie, il voit défiler des princes déchus de la planète financière qui cherchent à se débarrasser au plus vite de leur Ferrari.

«Ici, on ne parle pas Holden ou Ford. On cause Aston Martin ou Ferrari. Jusqu'alors, je n'avais jamais assisté à tel mouvement», confie-t-il à l'AFP.Alors que les marchés boursiers continuent leur descente aux enfers, un nombre croissant de «golden boys» et de jeunes cadres débarquent chez ce commerçant spécialisé dans la vente de véhicules de luxe d'occasion, dans l'espoir de se défaire sur le champ de leur automobile de prestige.«Ces types ont probablement perdu beaucoup d'argent, leur bonus dépendent du cours des actions. Du coup, leur train de vie est maintenant au dessus de leurs moyens», explique M. Elkordi.«La plupart d'entre eux sont des gens honnêtes. Je ne dis pas qu'ils ne peuvent plus rembourser et qu'on va leur saisir leurs voitures, mais c'est simplement qu'il leur faut se débarrasser de cette dette», dit-il.Selon lui, la belle voiture est un luxe dont ces financiers peuvent plus facilement se passer qu'autre chose et ils sont prêts à vendre même à perte.En un mois, Normal Elkordi a acheté six ou sept véhicules à des vendeurs, mis à mal par la tempête boursière, et en a refusé quatre autres. «Si un type a acheté il y a un an une Ferrari neuve à 507.000 dollars australiens (335,320 USD). Aujourd'hui, disons que je la lui reprendrais aux alentours de 370.000 dollars, 380.000 dollars si elle a un an. Car à qui voulez-vous que je la revende après. C'est ça le problème», dit-il.«J'ai plus de 5 millions de dollars cloués au sol dans le parking. On ne vend aucune de nos voitures». Le commerçant, qui travaille dans ce secteur depuis 17 ans, estime que la crise financière affecte tout le marché du luxe - immobilier, bateaux, voitures - et que désormais les gens recherchent des voitures pour moins de 150.000 dollars.Tony Graziani, principal concessionnaire Ferrari et Maserati de Sydney, affirme pour sa part que, jusqu'à présent, aucune de ses commandes n'a été annulée. Dans son hall d'exposition où s'alignent les carosseries rutilantes, il reconnaît cependant que les temps sont incertains et que beaucoup de ses clients ne sont plus dans la même situation qu'il y a deux ans. Alors que le salon international de l'automobile de Sydney a ouvert ses portes jeudi, en l'absence de plusieurs marques de prestige telles que Audi, BMW et Mercedes Benz, M. Elkordi ne s'attend pas à une embellie dans un proche avenir.«J'ai plutôt entendu dire que le pire était à venir. Personne n'est optimiste, tout le monde a le moral en berne», déplore-t-il. (afp)

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