Ain (F) - A-t-elle agi par «vengeance» envers les hommes?
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Ain (F)A-t-elle agi par «vengeance» envers les hommes?

L’escort-girl jugée pour le meurtre d’un homme en 2017 a continué mardi à prétendre avoir dû se défendre face à un partenaire devenu violent. L’expert psychiatre estime qu’elle pourrait avoir voulu se venger des hommes, voire de son père.

par
Richard Schittly
C’est lors d’un rapport incluant des jeux sadomasochistes que l’homme aurait violé la jeune femme, qui aurait saisi un couteau pour se défendre et l’aurait tué.

C’est lors d’un rapport incluant des jeux sadomasochistes que l’homme aurait violé la jeune femme, qui aurait saisi un couteau pour se défendre et l’aurait tué.

Image d’illustration / Getty Images/iStockphoto

«Je suis rentrée dans un engrenage, comme si ce n’était pas moi qui avais fait tout ça», a dit mardi la jeune escort girl, jugée depuis lundi pour le meurtre d’un client à Saint-Genis-Pouilly (F) en 2017. Le regard de plus en plus apeuré, à mesure de l’avancement du procès, A. a continué à prétendre qu’elle a été violée et a voulu se défendre face à son client «devenu fou». Il n’a pourtant «jamais été violent», a témoigné une autre escort, qui a connu la victime durant plusieurs mois.

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La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

20 minutes / jef
Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

20 minutes/ jef
Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.
Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.

20 minutes / jef

Mais c’est lorsque l’expert psychiatre a pris la parole, que le masque de l’accusée est tombé, dans tous les sens du terme. A. a été saisie de tremblements, dans le box de la Cour d’assises de l’Ain, au bout d’une longue journée de débats. Elle a baissé son masque chirurgical, cherchant de l’air, au moment où le médecin a décrit son fonctionnement personnel.

Vengeance envers les hommes?

Selon l’expert, la jeune femme, prostituée depuis l’âge de 17 ans, aurait compensé un sentiment d’abandon en multipliant les relations avec les hommes, tout en se donnant l’illusion de se valoriser. L’accusée a reconnu qu’elle avait quatre clients réguliers en 2017, en plus de l’informaticien lyonnais, tué à coups de couteau, chez elle. La jeune femme a-t-elle réagi à des mots blessants de son client, connu pour ses remarques acerbes?

Le médecin a ainsi estimé que ce crime pourrait effectivement relever d’une forme psychique de «vengeance» envers les hommes, voire envers le père de A., décrit comme autocentré. L’expert a aussi évoqué un «processus d’effacement» dans la façon de transporter et de brûler le corps en Italie.

«Il s’évanouissait à la vue du sang»

Quand elle a vu le courrier débordant de sa boîte aux lettres, après des dizaines d’appels téléphoniques sans réponse, Sandrine D. a senti qu’il était arrivé quelque chose de grave. Mais elle n’imaginait pas que son frère avait été tué par une call-girl et que son cadavre avait été brûlé puis abandonné sur le bord d’une route. La sœur de Jean-Luc D. a livré mardi un témoignage exceptionnel à la Cour d’assises. «Je ne me suis pas laissée abattre, ni envahir par la haine, c’est ma chance», confie la quadragénaire, avouant un «cas de conscience». Elle-même directrice d’un refuge pour femmes battues, elle n’aurait pas pu cautionner les violences de son frère sur une jeune femme.

La sœur précise que son pseudonyme «Lucifer» venait d’un jeu remontant à leur enfance, en guise de moquerie de l’éducation religieuse de leurs parents. Sandrine D. révèle aussi que son frère avait la phobie du sang, au point de s’évanouir à sa vue. Ce qui rend la thèse de l’accusée très peu crédible. De quoi faire basculer le procès? Verdict mercredi.

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