Vaud: A trop escroquer le social, elle risque l'expulsion
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VaudA trop escroquer le social, elle risque l'expulsion

Une mère de famille pourrait être renvoyée au Kosovo après avoir touché indûment le chômage.

par
Christian Humbert

«Je n'ai pas pensé à l'expulsion. Je l'ai fait pour aider ma famille.» S. ne pouvait pourtant ignorer ce qui l'attendait, elle qui a déjà été condamnée deux fois avec sursis pour des escroqueries au social. A peine la dernière sentence notifiée, et au lieu de rembourser les montants encaissés à tort, cette trentenaire mère de cinq filles âgées de 1 à 11 ans a perçu en trop 7153 francs du chômage en trois mois, alors qu'elle travaillait. «Je l'aurais annoncé plus tard», a avancé S. jeudi, au Tribunal de Lausanne.

C'est l'arnaque de trop: la loi prévoit une expulsion obligatoire. Du reste, elle aurait déjà dû être renvoyée au Kosovo avant, mais cela n'a pas été possible en raison de ses grossesses. Son mari n'y a pas échappé: expulsé cinq ans, il est revenu en 2016 au nom du regroupement familial. La famille a déjà perçu au total 240'000 francs d'aides sociales. Les cas précédemment jugés portaient sur 57'000 francs touchés indûment.

Expulsion requise par le procureur

«La première condamnation n'a pas servi à grand-chose», a fait remarquer la présidente du tribunal. La prévenue, en Suisse depuis 19 ans et qui a ses parents ici, a assuré ne plus avoir de famille au Kosovo. «Ce n'est pas un cas de rigueur prévu par la jurisprudence, a rétorqué le procureur, Sébastien Fetter. Elle a eu conscience de contrevenir à la loi. Elle a mis son intérêt au premier plan.» Il a requis 360 jours-amende ferme, condamnations passées incluses, et l'expulsion. Il a estimé que ses jeunes enfants ne devraient pas souffrir d'un départ au Kosovo.

La défense, elle, a plaidé le cas de rigueur. Le jugement sera transmis par écrit.

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