Moudon (VD) - A un an d’intervalle, la mort frappe deux fois une école
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Moudon (VD)À un an d’intervalle, la mort frappe deux fois une école

Lundi, pendant un cours de gym, une élève de 12 ans a été victime d’un malaise qui lui a été fatal. Un drame similaire s’était déjà produit en 2020.

La jeune fille s’est écroulée durant un cours d’éducation physique, au collège de Moudon.

La jeune fille s’est écroulée durant un cours d’éducation physique, au collège de Moudon.

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Une écolière de 12 ans s’est effondrée pendant un cours de gym, lundi à Moudon (VD). Emmenée d’urgence au CHUV, elle y a succombé peu après. «Quand je suis rentré, il y avait des policiers et ma voisine était en pleurs. Je n’ai pas eu le courage de m’approcher. C’est un autre voisin qui m’a raconté», explique un témoin, choqué, effondré et surtout inquiet. «Mon fils va dans une autre école mais, s’il allait dans la même que ma jeune voisine, j’aurais demandé qu’il n’aille plus à la gym», poursuit ce papa d’un garçon de 8 ans.

Il faut dire qu’un drame similaire s’était produit dans la même école l’année passée. «J’essaie de garder la tête froide mais j’espère qu’on ne devra pas vivre de terribles drames chaque année à la même période, réagit un autre papa. J’ai dit à ma fille cadette qu’elle avait le droit de s’arrêter de courir à la gym si elle se sentait à bout.»

«Nous sommes tous affectés par cette tragédie»

Yves Cavin, directeur de l’Établissement secondaire Moudon-Lucens, a confirmé les faits jeudi. «Je tiens en premier lieu à adresser toutes mes condoléances à la famille et aux camarades de l’élève décédée. C’est un drame aussi pour les professionnelles et professionnels de l’éducation de notre établissement. Nous avons donc tout mis en place pour que les uns et les autres puissent trouver un peu de réconfort, des espaces pour partager leur peine et dire au revoir à leur amie ou leur élève.»

Quant aux circonstances de ce malaise fatal, l’enquête ouverte (lire encadré ci-dessous) permettra d’en savoir davantage. «Il est vrai que l’établissement est frappé pour la deuxième fois par un drame qui survient lors d’une activité sportive, poursuit Yves Cavin. Un décès qualifié de mort naturelle a eu lieu en octobre 2020. Nous ne savons pas encore ce qui est arrivé à notre élève lundi lors du cours d’éducation physique, qui se déroulait de manière tout à fait habituelle. Ce qu’on peut dire à l’heure actuelle, c’est qu’à première vue, tout a été fait pour lui venir en aide. L’ensemble du corps enseignant, le service de santé scolaire et la direction sont évidemment affectés par cette tragédie et, je le répète, tout le soutien possible a été mis en place.»

Giancarlo Valceschini, directeur général de l’enseignement obligatoire et de la pédagogie spécialisée pour le Canton de Vaud, est lui aussi touché par ce drame. «Fort heureusement, les cas de décès d’élèves dans le cadre scolaire sont très rares. Néanmoins, tout décès d’une ou d’un élève, même s’il survient hors du temps scolaire, a un impact très important, tant auprès de ses camarades que du corps enseignant. Alors qu’ils sont préparés à la gestion de situations de crise, les établissements affrontent ces événements douloureux avec professionnalisme et empathie. Ce sont des événements terribles pour les familles, les camarades et pour l’ensemble des professionnelles et professionnels de l’éducation. Je tiens à leur exprimer mon soutien dans cette douloureuse épreuve.»

Informations un peu tardives

Reste que, si ces drames sont rares, l’inquiétude des parents de la région de Moudon a aussi été nourrie par le peu d’informations qui ont filtré dans un premier temps. Mercredi, le syndic de Lucens avouait par exemple n’avoir pas été officiellement averti, quand bien même sa commune fait partie du groupement scolaire concerné. «Rien dans la presse locale, rien sur Facebook… On aurait dit une nouvelle fantôme», note un des témoins. Depuis, élèves, parents et collaborateurs de l’école ont été informés. «Tous les cours se déroulent normalement et de la manière la plus sereine possible au vu des circonstances, complète le directeur de l’établissement. Si des élèves ou des parents ressentent des inquiétudes, ils savent, et je le leur répète ici, que ma porte est toujours ouverte et que l’ensemble de nos collaboratrices et collaborateurs ainsi que des spécialistes de ces situations sont à leur écoute et à leur disposition.»

Enquête pour mort non naturelle
Le procureur général du canton de Vaud a confirmé l’ouverture d’une enquête sur ce qui ne peut être présumé comme une mort naturelle, s’agissant d’une fille de 12 ans, «même si elle n’est pas vraiment suspecte», note Éric Cottier. Une autopsie, dont tous les résultats ne sont pas encore connus, a été ordonnée. S’il devait apparaître qu’une défaillance cardiaque était à l’origine du décès, donc une cause naturelle, la procédure prendrait fin.


(jfz/ahr)

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