Actualisé 25.03.2008 à 20:53

A vivre reclus, on finit par craindre son prochain

«La Zona». Rodrigo Pla nous sert un premier film aussi magistral
que déroutant.

Un soir d'orage, trois jeunes décident de pénétrer «la zone», un quartier chic et surprotégé de Mexico. Leur cambriolage improvisé tourne au désastre et, plutôt que de prévenir la police, les habitants du quartier se lancent dans une chasse à l'homme sans merci.

A l'image d'une mère qui est prête à tout pour protéger ses enfants, l'être humain peut dépasser les frontières du raisonnable lorsqu'il s'agit de préserver son habitat. «La Zona» nous emporte sans concession au-delà des limites du bon sens et nous pose comme spectateur d'un drame humain presque inévitable. Un huis clos monstrueux.

Premier long-métrage du réalisateur mexicain Rodrigo Pla, «La Zona» est de ces films qu'il est impossible d'ignorer. Calé dans son fauteuil, le spectateur haïra irrémédiablement ces nouveaux riches sans cœur décidés à appliquer leurs règles. Ils s'organisent et partent en campagne contre «les autres», ceux qui ont osé pénétrer leur territoire. Au nom de la loi? Non, au seul nom de leur propre intérêt. Face à l'injustice poussée à l'extrême, quiconque tend à se désolidariser de son groupe, il n'empêche que la majorité l'emporte et que les autres se taisent.

«La Zona», au-delà d'une mise en perspective de la disparité social qui sévit dans les grands villes sud-américaines, dresse le tableau cru d'un monde à la dérive. Un monde dans lequel non seulement «l'enfer, c'est les autres», mais où pire encore l'enfer a pris ses quartiers.

Winnie Covo

La Zona

De Rodrigo Pla, avec Daniel Gimenez Cacho, Maribel Verdu, Carlos Bardem et Daniel Tovar

De Rodrigo Pla, avec Daniel Gimenez Cacho, Maribel Verdu, Carlos Bardem et Daniel Tovar

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