Electrotechnique: ABB rachète Baldor Electric pour 4,2 milliards
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ElectrotechniqueABB rachète Baldor Electric pour 4,2 milliards

Le groupe zurichois ABB envisage de se payer une entreprise américaine. Coût de l'opération: 4,2 milliards de francs.

ABB étend ses activités dans la domaine de l'automation en Amérique du Nord. Le groupe électrotechnique zurichois présente une offre publique d'achat (OPA) amicale sur le fabricant de moteurs électriques Baldor Electric Company. La transaction se monte à 4,2 milliards de dollars.

Dans le cadre de son offre, dont le lancement est prévu ce mois encore, ABB propose de verser 63,50 dollars en liquide par titre Baldor, a précisé mardi le groupe établi à Zurich. Ce prix représente une prime de 41% par rapport au cours de clôture de l'action lundi à la Bourse de New York. La transaction inclut une reprise de dettes pour 1,1 milliard de dollars (1,1 milliard de francs).

Le conseil d'administration du fabricant américain de moteurs électriques pour applications industrielles recommande pour sa part aux actionnaires d'accepter l'offre d'ABB. Le géant de l'électrotechnique estime que l'opération devrait être bouclée dans le courant du premier trimestre 2011.

Une fois l'acquisition finalisée, Baldor sera intégrée au secteur automation. L'entreprise restera établie à Fort Smith, dans l'Etat de l'Arkansas, et conservera sa direction ainsi que ses marques. Le siège de la société chapeautera également celui des activités combinées moteurs et générateurs d'ABB en Amérique du Nord.

Produits complémentaires

L'annonce de l'OPA n'a guère fait de vagues à la Bourse suisse. Un quart d'heure après l'ouverture, l'action du géant de l'électrotechnique gagnait à peine 0,05% par rapport à la clôture de la veille à 19,53 francs, l'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) se repliant de 0,16%.

Employant plus de 7200 collaborateurs, Baldor dispose de sites de production aux Etats-Unis, au Canada et en Chine. La société livre ses équipements aux industries alimentaire, pétrochimique, minière ainsi que de la pulpe et du papier. Les gammes de produits d'ABB et de Baldor sont largement complémentaires.

Avec cette acquisition, ABB comble une lacune dans le domaine de l'automation outre-Atlantique. Baldor bénéficiera de son côté de l'assise globale du groupe zurichois.

Au cours des neuf premiers mois de 2010, Baldor a dégagé un chiffre d'affaires de 1,29 milliard de dollars, en hausse de 11% par rapport à la même période de l'an passé. Le résultat d'exploitation a pour sa part bondi 30% à 184 millions. L'an prochain, les ventes devraient retrouver leur niveau d'avant la récession.

Amélioration des marges

L'an prochain, le marché américain des moteurs électriques à haute efficience devrait progresser entre 10 et 15%, sous l'effet d'une nouvelle réglementation entrée en vigueur ce mois. Des législations identiques devraient être adoptées au Canada, au Mexique et dans l'Union européenne en 2011. D'ici 2012, le chiffre d'affaires de Baldor devrait afficher une croissance annuelle de 10%.

Les synergies annuelles sont attendues autour des 200 millions de dollars d'ici 2015, alors que les charges uniques liées à l'intégration de Baldor devraient se chiffrer à 50 millions de dollars, a relevé le patron d'ABB Joe Hogan, lors d'une conférence téléphonique. Les deux-tiers de cet objectif devraient être réalisés d'ici trois ans.

L'impact de cette acquisition sur les revenus est attendue dès le premier exercice. Elle permettra notamment d'améliorer la marge d'exploitation des activités américaines dans le domaine de moteurs, celle de Baldor ayant atteint 14,8% après neuf mois en 2010, contre 13 à 13,5% pour ABB, a ajouté M. Hogan.

ABB a déjà procédé à un rachat en Amérique de Nord cette année, en s'emparant en juin pour un peu plus de 1 milliard de dollars de Ventyx, un fournisseur de solutions informatiques pour la gestion automatisée des réseaux de transport d'énergie. Le groupe zurichois a aussi renforcé cet été sa position à 75% dans sa filiale indienne ABB India.

En juillet, ABB, fidèle à sa politique prudente en matière d'acquisitions, a abandonné son projet de rachat de la société britannique Chloride. Le groupe a décidé de ne pas relever son offre sur le spécialiste des alimentations électriques sécurisées. (ats)

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