Jérusalem: Abbas dénonce une «déclaration de guerre»
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JérusalemAbbas dénonce une «déclaration de guerre»

Le président palestinien a qualifié jeudi de «déclaration de guerre» la fermeture par Israël de l'Esplanade des mosquées décidée après la mort d'un Palestinien tué par des policiers israéliens.

Les policiers israéliens ont tué jeudi matin à Jérusalem un Palestinien soupçonné d'avoir tiré sur une figure ultra-nationaliste juive quelques heures auparavant. Sa mort a provoqué nouvelle escalade des tensions dans la Ville sainte, de jeunes Palestiniens attaquant la police en plusieurs endroits.

Devant cet accès de fièvre, les autorités israéliennes ont pris la décision rare de fermer l'ultra-sensible esplanade des Mosquées jusqu'à nouvel ordre, à la veille de la grande prière hebdomadaire du vendredi. La police a été placée en état d'alerte sur tout le territoire, a indiqué un porte-parole. «La poursuite de ces agressions et cette dangereuse escalade israélienne constituent une déclaration de guerre au peuple palestinien, à ses lieux sacrés et à la nation arabe et musulmane», a dénoncé le président palestinien Mahmoud Abbas selon son porte-parole Nabil Abou Roudeina.

Jeudi matin, de jeunes Palestiniens échangeaient avec les policiers israéliens des pierres et des grenades assourdissantes aux confins des quartiers d'Abou Tor et de Silwan, épicentre des troubles au pied de la Vieille ville et de l'esplanade des Mosquées depuis une semaine, a constaté un journaliste de l'AFP. Jeunes Palestiniens et policiers israéliens en décousaient près des lieux où les policiers avaient tué tôt jeudi Muataz Hijazi. Celui-ci est soupçonné d'avoir tiré mercredi soir sur Yehuda Glick et de l'avoir grièvement blessé.

«Un assassinat pur et simple»

«Le Palestinien qui était le principal suspect de l'attaque mercredi soir a été éliminé à son domicile dans le quartier d'Abou Tor à Jérusalem par une unité des forces spéciales de la police à la suite d'un échange de tirs», a dit un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. Selon la radio publique israélienne, il avait passé dix ans dans une prison israélienne «pour activités terroristes». «C'était un assassinat pur et simple. Ils l'ont tué de sang froid», a dit un habitant sous couvert de l'anonymat. Les policiers israéliens ont pris le contrôle de l'ambulance qui transportait le corps, selon des témoins.

Les policiers israéliens ont pris le contrôle de l'ambulance qui transportait le corps, selon des témoins. Yehuda Glick a été visé semble-t-il par un homme à moto à Jérusalem-ouest alors qu'il sortait d'un débat au Centre de l'héritage de Menahem Begin (du nom d'un ancien Premier ministre israélien) sur le mont du Temple (le nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées) dans la Vieille ville.

Troisième Intifada redoutée

Yehuda Glick est un rabbin, colon et personnalité de l'extrême droite israélienne qui milite depuis des années pour que les juifs puissent prier sur l'esplanade des Mosquées. Il a été expulsé à maintes reprises de l'esplanade des Mosquées par les policiers israéliens. Cette revendication, qui s'est fait entendre de manière accrue ces derniers mois, est une cause majeure des tensions auxquelles est en proie Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël.

Celles-ci se sont encore aggravées depuis le 22 octobre. Ce jour-là, un jeune Palestinien de Silwan est, délibérément selon les autorités israéliennes, entré au volant de sa voiture dans un groupe de voyageurs du tramway et a tué un bébé américano-israélien de trois mois et une Equatorienne dans ce que les Israéliens ont qualifié d'attentat terroriste. Plusieurs quartiers ont depuis été le théâtre d'affrontements quotidiens faisant redouter une troisième Intifada.

Les juifs sont autorisés à visiter l'esplanade des Mosquées, mais pas à prier, par crainte des incidents. L'esplanade des Mosquées est sacrée pour les musulmans et les juifs. Le statut de l'esplanade des Mosquées est une source de tensions permanentes. Les musulmans s'alarment de l'intention prêtée au gouvernement israélien d'autoriser les juifs à y prier. Ils redoutent qu'une telle autorisation constitue le premier pas vers la destruction des mosquées en vue de bâtir le «troisième temple» juif. (afp)

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