Actualisé 31.10.2013 à 15:13

Hausse du prix de la vignette«Aberration économique et environnementale»

Verts et Vert'libéraux sont montés jeudi au créneau contre le renchérissement de la vignette autoroutière à 100 francs.

Pour les Verts et les Vert'libéraux, le projet soumis au peuple le 24 novembre encouragera un élargissement du réseau routier anti-écologique et antidémocratique.

Selon un sondage national de l'institut gfs.bern réalisé début septembre, la base des écologistes soutient massivement l'augmentation du prix du sésame de 40 à 100 francs. Certains arguments ne sont pas encore passés, a estimé devant la presse le conseiller national Bastien Girod (ZH), vice-président des Verts.

Certaines personnes voient simplement que la vignette relevée rendra le trafic plus cher, a ajouté la conseillère nationale vaudoise Adèle Thorens, coprésidente du parti. Mais il faut taxer les automobilistes selon le principe de causalité.

La vignette à 100 francs pour tous est «une aberration économique et environnementale», a soutenu la Vaudoise. Ceux qui utilisent peu la route passeront autant à la caisse que ceux qui usent l'infrastructure tous les jours et polluent beaucoup plus.

Taxe au kilomètre

Il faut respecter le principe du pollueur-payeur et remplacer la vignette forfaitaire par une taxation de la mobilité. Son montant varierait selon les kilomètres parcourus et l'énergie consommée, voire, à condition que ce soit techniquement possible, la charge occasionnée sur le réseau.

Un tel système permettrait de répartir intelligemment le trafic. On pourrait réduire les bouchons au lieu de créer des besoins artificiels en construisant de nouvelles routes, a renchéri le conseiller national vert'libéral Jürg Grossen (BE).

Or l'augmentation de la vignette est couplée au plus important projet national de développement routier depuis 1960, a relevé Paul Stopper du comité de direction de l'Association transports et environnement (ATE). Les 300 millions de francs de recettes attendues permettront à la Confédération de financer la reprise de près de 400 km de routes cantonales et divers projets dont plusieurs très contestables selon les écologistes.

Projets indésirables

Côté romand, pas de problème pour les contournements de La Chaux-de-Fonds ou du Locle (NE), a assuré Adèle Thorens. Mais Berne ne doit pas pouvoir imposer des développements dont la population ne veut pas.

Le Tribunal fédéral a refusé le tracé de l'autoroute de l'Oberland zurichois budgétée à plus d'un milliard de francs. Ce projet étant bloqué au moins jusqu'à 2030, les besoins financiers pour les projets de nouvelles constructions voulus par le Parlement ont diminué de moitié, a fait valoir Mme Thorens.

Le Conseil fédéral pourrait être tenté d'utiliser cette manne pour financer d'autres projets comme la construction du deuxième tunnel au Gothard. Une idée inacceptable pour les Verts. Si le peuple dit «non» le 24 novembre, les populations des cantons concernés continueront à décider des routes qu'elles veulent réellement.

Verts et Vert'libéraux auraient accepté une vignette à 70, voire 80 francs. Le dossier est compliqué, a reconnu M. Grossen. Divisés, les écologistes opposés au sésame à 100 francs se retrouvent dans le même camp que le TCS et l'UDC qui estiment que l'augmentation ne permettra pas une extension suffisante du réseau routier pour combattre les bouchons. (ats)

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