Actualisé 14.12.2009 à 11:37

Crise financièreAbou Dhabi injecte 10 milliards de dollars à Dubaï

L'émirat de Dubaï, en difficulté financière, est sauvé in extremis par son riche voisin pétrolier Abou Dhabi.

Celui- ci lui a octroyé une aide de 10 milliards de dollars (10,35 milliards de francs), dont une partie va payer la dette du géant immobilier Nakheel.

L'annonce lundi de l'octroi de cette aide est intervenue le jour même de l'arrivée à maturité des obligations islamiques de Nakheel, alors que les milieux financiers craignaient un défaut de paiement.

La Bourse de Dubaï a réagi rapidement ouvrant sur une forte hausse de 10,1%, après avoir dégringolé à la suite de l'annonce le mois dernier des difficultés financières de l'émirat. Le marché d'Abou Dhabi était lui en hausse de 7%.

Abou Dhabi est la capitale et le membre le plus riche de la fédération des Emirats arabes unis, dont fait partie Dubaï, émirat touché par la crise financière après avoir connu un développement phénoménal en se transformant en quelques décennies d'un modeste port en une ville futuriste.

«Le gouvernement d'Abou Dhabi a accepté de fournir 10 milliards de dollars au Fonds de soutien financier de Dubaï, somme qui sera utilisée pour remplir une série d'obligations de Dubai World», le conglomérat public en difficulté dont Nakheel est une filiale, a annoncé un communiqué des autorités de Dubaï. Lequel ne précise pas s'il s'agit d'un prêt ou d'un don.

Il a été publié par cheikh Ahmed ben Saïd Al-Maktoum, patron d'Emirates Airlines et président du Comité fiscal suprême mis en place par l'émirat en juillet pour gérer l'impact de la crise financière mondiale.

Payer les obligations islamiques

Le gouvernement de Dubaï a «autorisé l'utilisation de 4,1 milliards de dollars pour payer les obligations islamiques (sukuk) venant à maturité aujourd'hui (lundi)», ajoute le texte.

Les 5,9 milliards de dollars restants «serviront à payer les intérêts et les opérations de fonctionnement de Dubai World jusqu'au 30 avril 2010, à condition que le groupe mène avec succès les négociations sur un moratoire de sa dette comme annoncé auparavant», selon le communiqué.

Le 25 novembre, les autorités de Dubaï avaient demandé un moratoire de six mois sur la dette de son fleuron, Dubai World, semant la panique sur les marchés financiers, soucieux de la solvabilité du conglomérat dont la dette est évaluée à 59 milliards de dollars au total.

Cinq jours plus tard, Dubai World annonçait son intention de restructurer certaines des dix compagnies le composant et renégocier avec les créanciers une dette de 26 milliards de dollars, dont celle de Nakheel, promoteur de certains des projets les plus audacieux de Dubaï dont une île artificielle en forme de palmier.

Rassurer les créanciers

Dans leur communiqué, les autorités de Dubaï ont tenu à rassurer les créanciers de Dubaï, affirmant que cette ville demeurerait «un centre financier fort». Elles ont ajouté qu'elles annonceraient «un cadre juridique fondé sur les normes internationales (...) pour protéger les créanciers» à l'avenir.

«Cette annonce met fin à l'incertitude qui entourait les obligations immédiates de Nakheel, mais ne résout pas les problèmes de la dette de Dubaï», a estimé l'analyste Fahd Iqbal, de la banque régionale d'investissements EFP-Hermès. «Nous continuons à voir le risque de nouveaux problèmes de dettes apparaître dans les mois et les trimestres prochains», a-t-il ajouté.

Abou Dhabi avait déjà secouru Dubaï, touchée il y a un an par la crise financière mondiale, alors que la dette publique de cette ville est estimée à quelque 100 milliards de dollars par l'agence de notation Moody's.

Pour faire face aux échéances de ses firmes, Dubaï avait émis des bons du trésor pour un montant de 20 milliards de dollars, dont la moitié a été souscrite en février par la banque centrale des Emirats arabes unis. Le 25 novembre, deux banques d'Abou Dhabi avaient souscrit à 5 milliards de dollars.

(ats)

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