Présidentielle américaine: Abus de pouvoir commis par Palin
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Présidentielle américaineAbus de pouvoir commis par Palin

Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a appelé vendredi ses partisans à «respecter» son adversaire démocrate Barack Obama.

Une enquête a conclu que sa co-listière Sarah Palin a elle commis un abus de pouvoir dans l'affaire baptisée «Troopergate» en Alaska.

«J'admire le sénateur Obama, je le respecte et c'est ainsi que doit être la politique», a dit M. McCain en campagne à Lakeville (Minnesota, nord). «Je veux dire par là que vous devez être respectueux», a-t-il ajouté.

C'est «quelqu'un de bien et quelqu'un dont vous ne devez pas avoir peur s'il est président des Etats-Unis», a insisté M. McCain, face à une foule manifestant son mécontentement.

Ces jours derniers, alors que la campagne républicaine prenait un tour très négatif, plusieurs personnes dans le public avaient hurlé à chaque meeting à l'adresse de M. Obama «terroriste», «socialiste», «menteur», allant même en Floride jusqu'à crier «Tuez-le».

Ces excès avaient poussé des commentateurs et des démocrates à encourager M. McCain à lancer un appel au calme. De son côté, Barack Obama a reproché à M. McCain sa politique de «colère et de division» faite «d'insinuations méchantes et d'attaques».

Accusation lancée

Depuis que la colistière de M. McCain, Sarah Palin, a accusé samedi dernier le candidat démocrate de «copiner avec des terroristes», le camp républicain a souligné à l'envi les liens supposés entre M. Obama et Bill Ayers, un ancien militant dont le groupe a organisé une campagne d'attentats aux Etats-Unis dans les années 1960.

Deux clips de campagne républicains diffusés jeudi et vendredi ont aussi mis l'accent sur les relations supposées de M. Obama avec Bill Ayers.

Critique par Obama

En visite à Philadelphie, Barack Obama a remercié samedi John McCain pour avoir adopté un ton plus modéré dans une campagne parfois virulente. Malgré tout, le nom du sénateur de l'Arizona a été copieusement sifflé par les militants démocrates.

«Je fais partie de ceux qui pensent que nous pouvons nous respecter l'un l'autre, même lorsque nous ne sommes pas d'accord», a déclaré le sénateur de l'Illinois. «Ce respect est évident quand il s'agit d'un de nos anciens soldats qui a risqué sa vie pour nous protéger», a ajouté le candidat démocrate.

Cet échange d'amabilités accompli, M. Obama a repris son cheval de bataille, l'économie, et a estimé que son adversaire républicain «ne semblait pas vraiment comprendre ce qui était en train de se passer». Il a raillé un conseiller de M. McCain, qui en pleine crise boursière, avait expliqué aux journalistes qu'il ne jugeait pas utile de parler tous les jours des marchés.

Avance de 7 à 11 points

Selon un sondage Fox News publié vendredi, au total, 61 % des personnes interrogées ont indiqué que cette affaire sur les liens supposés de M. Obama avec Bill Ayers ne changerait pas leur vote, et le sénateur de l'Illinois maintient une avance de 7 points sur M. McCain à 46% contre 39%.

Un autre sondage de l'hebdomadaire «Newsweek» lui attribue une avance de 11 points avec 52% des intentions de vote contre 41% pour M. McCain, alors qu'ils étaient à égalité à 46% le mois précédent.

Affaire liée à la police

Vendredi soir, une enquête parlementaire de l'Alaska a conclu que Sarah Palin avait commis un abus de pouvoir dans le cadre de ses fonctions en tant que gouverneure de cet Etat.

L'enquêteur Steve Branchflower a indiqué que Mme Palin était coupable de violations des règles éthiques en faisant pression sur des agents de l'Etat pour licencier un agent de police qui se trouvait être l'ex-beau frère de Mme Palin et était engagé dans un divorce houleux avec la soeur de la gouverneure.

L'équipe de campagne de M. McCain, qui dénonce une enquête partisane et assure que l'ex-beau frère a été limogé en raison de ses mauvais résultats, a réaffirmé que Mme Palin avait agi dans le cadre de ses pouvoirs. (ap)

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