RDC: Accalmie dans l'est, où l'armée congolaise se renforce

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RDCAccalmie dans l'est, où l'armée congolaise se renforce

L'armée congolaise a renforcé samedi ses positions sur le front au nord de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

La situation était calme au lendemain de nouveaux combats et d'un sommet international qui a appelé à un cessez-le-feu.

Aucun tir n'était signalé samedi matin sur la ligne de front à la sortie nord de la petite localité de Kibati, à 12 km au nord de Goma, où une zone tampon de quelques centaines de mètres sépare les belligérants, a constaté l'AFP. Des affrontements y avaient opposé la veille les soldats de l'armée congolaise à des rebelles.

Quelque 150 militaires gouvernementaux étaient installés dans la zone samedi, alors que 200 à 300 autres marchaient en direction du front. Des rebelles refluaient par groupes de dix à vingt vers le nord.

«Le front est très mouvant», a commenté le porte-parole militaire de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich. «Chacun renforce ses positions pour parer à toute éventualité», a-t-il expliqué, estimant que cela n'augurait pas nécessairement d'une offensive à venir.

Instructeurs angolais ?

Parallèlement, une source militaire onusienne dans la zone a fait état samedi de la présence sur le front de soldats angolais aux côtés de l'armée congolaise, sans en préciser le nombre. Ils auraient pris part aux affrontements de la veille.

Vendredi, une source diplomatique avait déjà indiqué qu'»une cinquantaine de militaires angolais et zimbabwéens était en mission de reconnaissance sur place en appui aux unités congolaises».

Kinshasa a nié à plusieurs reprises la présence de forces étrangères sur son sol, et l'ONU, qui dispose de 17 000 casques bleus en RDC, a aussi officiellement démenti. Mais «il y a une coopération militaire» entre la RDC et l'Angola et «il y a peut- être des instructeurs angolais dans le pays», a nuancé samedi le lieutenant-colonel Dietrich.

La présence de forces angolaises dans le pays, si elle était confirmée, marquerait une régionalisation du conflit et risque d'être perçue comme une provocation par le Rwanda. La localité de Kibati se trouve à moins de cinq kilomètres à vol d'oiseau de la frontière rwandaise, dans une zone que Kigali considère traditionnellement comme vitale pour ses intérêts stratégiques.

Sommet vain

Ces nouveaux développements interviennent au lendemain d'un sommet qui a réuni à Nairobi le président congolais Joseph Kabila, son homologue rwandais Paul Kagame, et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. La rébellion n'était pas représentée. Le sommet a conclu sur une demande de cessez-le-feu immédiat et l'ouverture d'un corridor humanitaire pour venir en aide aux 250 000 déplacés.

La rébellion de Nkunda n'a vu dans cette réunion qu'»un nouveau sommet pour rien», augurant mal d'une résolution rapide de la crise.

«Crimes de guerre»

Selon le chef de la Monuc, Alan Doss, la rébellion de Laurent Nkunda et des miliciens pro-gouvernementaux ont commis des «crimes de guerre» cette semaine dans la région de Rutshuru, dans l'est de la RDC.

Une mission de vérification des Nations unies s'est rendue à Kiwanja vendredi: elle a visité onze sites de tombes communes, qui contiendraient selon les témoins 26 corps, combattants et civils. Des journalistes de l'AFP avaient constaté jeudi la présence de douze cadavres dans la cité, tous des hommes et la plupart en tenue civile.

(ats)

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