Actualisé 10.08.2007 à 18:36

Accident d'avion à Tahiti

PAPEETE - Un petit avion de tourisme de la compagnie Air Moorea, assurant régulièrement la liaison Tahiti-Moorea en Polynésie française, s'est abîmé en mer peu après son décollage de Moorea, jeudi, aux environs de midi heure locale (22h GMT) avec 20 personnes à son bord.

Il n'y aurait aucun survivant, selon le haut-commissariat de la République en Polynésie française.

L'avion, un Twin Otter, reposerait par 600 ou 700 mètres de fond, selon un communiqué le haut-commissariat de la République. Les recherches, suspendues jeudi à la tombée de la nuit, devaient reprendre vendredi matin à 6h30 (16h30 GMT), avec d'importants moyens nautiques -le patrouilleur des douanes «Arafenua», qui assure la coordination sur zone, remorqueur de la marine «Manini», vedette et plongeurs de la gendarmerie et des pompiers- et aériens -hélicoptère Super Puma- de l'armée de l'air.

Le Maritime Rescue Coordination Center (MRCC) devait orienter les moyens de manière à couvrir un large périmètre sur la côte orientale de Moorea, en tenant compte de la dérive probable induite par le vent et les courants. Des plongées devaient être organisées le long de la barrière de corail.

L'avion transportait 19 passagers et un pilote. Quatorze corps avaient été repêchés avant la suspension des recherches, selon un communiqué de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Une chapelle ardente a été dressée et une cellule de crise mise en place au Haut-commissariat de la République en Polynésie.

Toutes les victimes sont des ressortissants français à l'exception de deux touristes australiens et d'un citoyen belge en mission pour l'Union européenne. Deux hauts fonctionnaires de la Commission européenne se trouvaient à bord de l'appareil, a confirmé la commission.

Des officiels du gouvernement polynésien se trouvaient aussi à bord, selon un communiqué du Premier ministre François Fillon. Ce dernier a adressé ses condoléances au président de la Commission José Manuel Barroso, au président de la Polynésie française Gaston Tang Song, ainsi qu'au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo et au Haut commissaire de la République en Polynésie française «compte tenu de la présence du directeur des services de l'environnement ainsi que de ses collaborateurs».

Le bimoteur Twin Otter de 19 sièges, qui assure régulièrement des vols de liaison de sept minutes de l'île de Moorea à l'île de Tahiti, s'est abîmé pour une raison encore indéterminée dans le lagon dans la minute qui a suivi son décollage, à seulement un mille nautique de l'aéroport de Moorea. Les îles de Moorea et de Tahiti ne sont distantes que de 17km. Air Moorea est une filiale d'Air Tahiti qui exploite toutes les liaisons interîles.

Le secrétaire général du Haut-Commissariat de la République Jacques Witkowski a précisé sur RTL que «l'accident s'est produit en phase de décollage» et que «l'avion a chuté ensuite en mer au-delà de la barrière de corail sur des profondeurs relativement importantes».

L'appareil, a-t-il précisé, avait été «mis en service en Polynésie après une révision importante au mois de novembre 2006. C'est un avion qui avait subi ces tests récemment». «Hormis ces éléments d'information, il y avait deux moteurs neufs puisqu'ils n'avaient que 850 heures de potentiel. Maintenant il appartiendra aux éléments de l'enquête de déterminer les raisons techniques de ce crash», a-t-il ajouté.

Le Bureau d'Enquêtes et d'analyse de la sécurité de l'aviation civile (BEA) a lancé une enquête et une enquête judiciaire a été immédiatement engagée.

«La nouvelle de l'accident d'avion survenu en Polynésie française m'attriste profondément», a écrit le président Nicolas Sarkozy dans un communiqué. Le chef de l'Etat a «demandé à Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, de se rendre tout de suite sur place pour faire part à nos compatriotes polynésiens du soutien de l'ensemble de la nation française».

A la demande de Christian Estrosi, une cellule d'accueil téléphonique des familles endeuillées a été mise en place vendredi matin à Paris (01.53.69.20.00), a précisé le secrétariat à l'Outre-mer, tandis qu'une cellule de crise était mise en place au Haut-Commissariat de la République en Polynésie française (00.689.468.468).

AP

ar/cov/ti0/com/ma/sb (ap)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!