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Accident mortel après avoir fumé: 18 mois requis

Le Ministère public vaudois a requis 18 mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre d'un jeune homme de 21 ans. Sous l'emprise du cannabis, il s'était assoupi au volant et avait provoqué un accident mortel.

L'homme est accusé d'homicide par négligence et de lésions corporelles graves. Dans sa plaidoirie à Vevey (VD), le Ministère public a souligné la «lourde» culpabilité de l'accusé, sa «totale témérité» et l'»imbécilité crasse» des actes commis, démontrant un «mépris total pour la vie d'autrui», dans un «drame qui aurait pu coûter la vie à sept autres personnes».

Epuisement fatal

Dans la soirée et la nuit précédant le drame en juillet 2004, l'accusé a fumé à plusieurs reprises du cannabis avec ses amis et bu un peu d'alcool. Après avoir passé la soirée à Lausanne, il s'est rendu avec trois amis à Carrouge (VD), au petit matin, avant de décider de retourner à Lausanne.

Epuisé, et réalisant qu'il était trop fatigué pour continuer à rouler, il a décidé vers 8h30 de s'arrêter pour se reposer, comme il avait coutume de le faire lorsqu'il rentrait de soirées. Une demi-heure après, il a accepté de reprendre le volant à la demande, insistante selon lui, de l'une des deux filles présentes dans le véhicule, qui devait rentrer chez elle.

Peu après, il s'est assoupi, a laissé sa voiture dévier de sa trajectoire et a percuté un véhicule qui roulait en sens inverse, également occupé par quatre passagères, dont l'une est décédée des suites de ses blessures. Les trois amis qui l'accompagnaient ont déposé plainte contre le jeune homme.

Chronique d'un accident annoncé

L'accusé et plusieurs autres occupants des véhicules ont été grièvement blessés, et garderont de lourdes séquelles de l'accident. L'un de ses amis, en particulier, a été très sévèrement touché au visage suite, notamment, à un enfoncement du front, et pourrait perdre la vision de l'oeil gauche.

Selon le Ministère public, le sursis doit être considéré comme une «extrême dernière chance» dans cette «chronique d'un accident annoncé». Il a également rappelé que «l'alcool n'est pas le seul fléau au volant», et qu'il n'y a «pas de place à la tolérance pour un tel comportement».

La défense a souligné les «regrets sincères» de l'accusé, son «caractère influençable» et un discernement restreint dû à l'épuisement lorsqu'il a repris le volant juste avant le drame et le fait qu'il a lui aussi beaucoup souffert. En conséquence, il a requis qu'il soit condamné à «une faible peine». Le jugement est attendu mardi. (ats)

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