Genève - Accord conclu dans la colère pour l’académie du Servette
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GenèveAccord conclu dans la colère pour l’académie du Servette

Une majorité des collectivités publiques a donné son feu vert à un pôle du football genevois aux Evaux. Le combat ne fait que débuter, selon les opposants.

par
David Ramseyer
Juste avant la signature de l’accord, une quarantaine d’opposants a manifesté contre le projet d’académie du football dans le parc des Evaux, à Onex (GE).

Juste avant la signature de l’accord, une quarantaine d’opposants a manifesté contre le projet d’académie du football dans le parc des Evaux, à Onex (GE).

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C’est 1 à 0 pour l’Académie du Servette FC, face aux adversaires du projet prévu à Onex (GE). Ce mardi, une majorité du Conseil de fondation des Evaux et le club grenat ont paraphé une convention en vue d’établir un pôle de formation du football genevois dans le parc onésien. Le Canton ainsi que les communes de Genève, Bernex et Confignon ont dit «oui». Lancy s’est abstenue; Onex a voté contre. La partie n’est cependant pas terminée. À l’instar de leurs autorités, des résidents onésiens, mais aussi plusieurs associations, se disent prêts à tacler le projet à coup d’oppositions aux futurs permis de construire (cf. encadré ci-dessous). Ils ont par ailleurs manifesté durant la matinée aux Evaux, avant la signature de l’accord.

Le pôle du football genevois, chapeauté par le Servette FC, prévoit la rénovation et la transformation de quatre terrains de football aux Evaux, dont trois en synthétique, ainsi que l’édification d’un bâtiment de 2900 m². Celui-ci doit abriter l’administration de l’académie, des vestiaires ou encore des salles de massages et de physiothérapie pour les joueurs. Les lieux doivent accueillir des dizaines de jeunes du centre de formation ainsi que l’élite grenat, hommes et femmes, tous régulièrement ballotés de site en site, alors que le SFC doit quitter son centre suroccupé à Balexert pour faire place au futur cycle d’orientation du Renard. Un déménagement progressif aux Evaux est prévu dès le printemps prochain, et courant 2022.

Entre joie et craintes

Le conseiller d’Etat Thierry Apotheloz, qui pilote la politique cantonale du sport, se réjouit d’un accord, «qui permettra à des dizaines de jeunes de pratiquer leur sport dans de bonnes conditions». Quand aux oppositions attendues, «elles sont l’expression de la démocratie, note le magistrat. Nous resterons à l’écoute des riverains et espérons pouvoir les rassurer. Car des retards péjoreront les jeunes de l’académie mais aussi les élèves du futur cycle du Renard.» L’élu rappelle aussi que le projet est provisoire, sur dix ans. «Nous sommes déjà à la recherche d’une solution durable; mais on le sait, à Genève, tout prend beaucoup de temps.»

Au sein de la Fondation des Evaux, Lancy a préféré s’abstenir. Si les autorités communales ont été rassurées sur certains points - en matière de transparence, de mobilité ou d’impact environnemental - elles pointent cependant du doigt quelques aspects jugés encore flous. «On ne sait pas encore qui fera partie du groupe de suivi, relève la maire Corinne Gachet. Il faudrait notamment y intégrer les opposants. Par ailleurs, la durée formelle du projet sur dix ans n’est pas tout à fait claire.» La conseillère administrative d’Onex, Maryam Yunus Ebener, chargée notamment de l’aménagement, est plus virulente. «Nous étions opposés dès le début à l’établissement de l’académie aux Evaux; nous avons néanmoins beaucoup travaillé pour améliorer les choses mais aujourd’hui, je ressens une grande frustration.» La magistrate dénonce particulièrement des problèmes de mobilité et de trafic. «Une revendication nous tenait ainsi à coeur: la suppression des nombreuses places de stationnement réservées, sur site, aux bus de l’académie. On ne nous a pas entendu, elles resteront.»

Pour sa part, le Servette FC n’a pas souhaité réagir.

Le carton rouge des opposants

«Tristes et déçus de ne pas avoir été écoutés», une quarantaine de personnes a protesté mardi aux Evaux, où la Fondation a signé la convention. Ils ont accusé les promoteurs du projet d’avoir fourni des informations «tronquées» aux riverains sur la réalité du complexe prévu dans le parc. «C’est énorme ce qui se prépare ici, avec un bâtiment de deux étages sur rez, des terrains de foot qui prendront le pas sur des espaces publics et sur la nature, a déploré Geneviève. Les lieux ne sont pas adaptés au projet.» Riverain lui-aussi, Louis s’inquiète d’une hausse du trafic aux abords du site et craint la fin de «l’esprit des Evaux», que les secteurs réservés à l’académie anéantiraient, selon lui. «Ici, c’est un parc pour tous! On y vient en famille pour pique-niquer ou se promener.» Pas question pour les adversaires du complexe de lâcher la partie: «On se battra jusqu’au bout, en faisant opposition sur opposition aux autorisations de construire.»

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