Nagorny-Karabakh: Accord de cessez-le-feu avec l'Azerbaïdjan
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Nagorny-KarabakhAccord de cessez-le-feu avec l'Azerbaïdjan

En quatre jours de combat, 64 personnes ont trouvé la mort dans cette région du Caucase. Un accord a été trouvé pour faire cesser les heurts.

photo: AFP/ARCHIVES

L'Azerbaïdjan et les autorités séparatistes de la région disputée du Nagorny-Karabakh ont annoncé mardi avoir conclu un accord de cessez-le-feu, après quatre jours d'intenses combats qui ont fait au moins 64 morts. Les appels à respecter cette trêve se sont multipliés.

L'annonce de cessez-le-feu est a été faite peu avant le début d'une réunion à Vienne groupe de Minsk au sein de l'OSCE, co-présidé par les Etats-Unis, la France et la Russie. Les représentants du Groupe «ont salué la cessation des hostilités et appelé les parties à respecter le cessez-le-feu», a indiqué l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dans un communiqué.

Les coprésidents du groupe (trois ambassadeurs spéciaux russe, américain et français) doivent également se rendre «dans les prochains jours» à Erevan, Bakou et dans le Nagorny-Karabakh.

Appel de Poutine

Lors d'un entretien téléphonique avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais, Serge Sarkissian et Ilham Aliev, Vladimir Poutine a de son côté «appelé les deux parties à assurer d'urgence l'arrêt total des combats et à respecter le cessez-le-feu», selon un communiqué du Kremlin. Il a exprimé sa «vive préoccupation face à ces affrontements d'envergure qui ont fait de nombreuses victimes».

Les interrogations demeurent concernant le sort des territoires conquis par les armées de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan pendant les affrontements les plus violents qui ont opposé ces deux pays depuis un cessez-le-feu conclu en 1994.

Les bombardements se sont arrêtés mardi après une nuit ponctuée par des tirs sporadiques d'artillerie, selon un photographe de l'AFP présent dans le village azerbaïdjanais de Terter, situé près de la ligne de front.

Hauteurs prises par Bakou

L'Azerbaïdjan affirme avoir pris le contrôle samedi de plusieurs hauteurs stratégiques au Nagorny-Karabakh et a annoncé son intention d'y «renforcer» ses positions. Pour leur part, les autorités séparatistes, soutenues par l'Arménie, avaient affirmé n'être prêtes à discuter d'une trêve que si elles récupéraient le terrain perdu dans la région, reconnue comme appartenant à l'Azerbaïdjan par la communauté internationale.

Le président arménien Serge Sarkissian avait quant à lui estimé qu'un cessez-le-feu ne serait possible que si les militaires des deux camps retournaient aux positions qu'ils occupaient avant la reprise des hostilités.

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé mardi matin la mort de seize de ses soldats ces dernières 48 heures, portant le bilan à au moins 64 morts parmi les militaires et les civils des deux côtés de la ligne de front depuis vendredi soir.

Ankara soutient Bakou

La Turquie, alliée traditionnelle de l'Azerbaïdjan, a pour sa part multiplié les déclarations fracassantes. Mardi, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a prévenu que son pays resterait aux côtés de l'Azerbaïdjan «jusqu'à l'apocalypse».

La crise a également été le «sujet numéro 1» d'une conversation téléphonique lundi entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov, selon le département d'Etat.

Les deux ministres avaient appelé à la fin des combats et «condamné les tentatives de 'parties extérieures' au conflit d'aggraver la confrontation», a rapporté le ministère russe de la Défense.

Moscou visait ainsi le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a pris le risque d'attiser les tensions en martelant que «le Karabakh retournera un jour, sans aucun doute, à son propriétaire originel», l'Azerbaïdjan.

Région stratégique

Ce conflit, dont les sources remontent à plusieurs siècles, mais qui s'est cristallisé à l'époque soviétique lorsque Moscou a attribué ce territoire en majorité peuplé d'Arméniens à la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan, intervient dans une région du Caucase stratégique pour le transport des hydrocarbures, à proximité de l'Iran, de la Turquie et du Proche-Orient.

L'escalade militaire est survenue au moment où la Russie, qui a de bonnes relations avec l'Arménie, et la Turquie traversent une grave crise diplomatique sur fond de guerre en Syrie.

Après une guerre ayant fait 30'000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement azerbaïdjanais, le Nagorny-Karabakh est passé sous le contrôle de forces séparatistes proches d'Erevan.

Empfänger (nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

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