Accord de dernière minute sur le gaz entre la Russie et l'Ukraine
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Accord de dernière minute sur le gaz entre la Russie et l'Ukraine

Les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Viktor Iouchtchenko ont annoncé mardi un accord de principe sur la crise gazière qui opposait leurs deux pays.

Ce contentieux menaçait d'entraîner une réduction des livraisons russes à l'Ukraine.

Ce différend bilatéral était suivi de près en Europe par crainte d'une réédition de la crise du début 2006, lorsqu'un litige sur les prix entre Moscou et Kiev avait perturbé les livraisons sur le continent. Environ 80 % du gaz russe consommé par les pays membres de l'UE transite par l'Ukraine.

«Nous sommes convenus que l'Ukraine commencerait jeudi à rembourser la dette accumulée en novembre-décembre de l'an dernier, parce que les contrats de livraison n'avaient pas été signés par les organismes concernés», a annoncé le président ukrainien Victor Iouchtchenko lors d'une conférence de presse à Moscou.

Ultimatum de Gazprom

«Gazprom est satisfait des propositions présentées par la partie ukrainienne», a déclaré son homologue russe Vladimir Poutine durant cette conférence de presse. Il a précisé que cet arrangement serait «couché sur le papier aujourd'hui ou demain». Les deux chefs d'Etat sont toutefois restés assez vagues sur le contenu de l'accord.

Le monopole gazier russe Gazprom, qui fournit le quart du gaz consommé en Europe, avait menacé de réduire de 25 % ses livraisons à l'Ukraine si aucun accord sur la dette n'était trouvé avant mardi 18 h locales (16 h suisses). Selon lui, l'Ukraine doit 1,5 milliard de dollars à la Russie pour des livraisons non réglées.

Dès le début de la crise, jeudi dernier, le géant pétrolier russe s'était engagé à ce que l'approvisionnement de ses clients occidentaux ne soit pas affecté. La situation était toutefois suivie de très près à Bruxelles comme à Washington.

Intermédiaire supprimé

Sur le point le plus épineux du dossier, la demande de Kiev de supprimer un intermédiaire controversé dans les livraisons de gaz à l'Ukraine, RosUkrEnergo, un accord a aussi été trouvé. Le dirigeant de Gazprom Alexeï Miller a annoncé mardi soir que cet intermédiaire serait remplacé par une structure plus transparente, détenue à parts égales par Gazprom et le groupe public ukrainien Naftogaz.

Le premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko, qui réclamait ardemment cette suppression, a donc obtenu partiellement gain de cause. Mais Mme Timochenko, elle-même attendue dans la capitale russe le 21 février, s'est fait voler la vedette par M. Iouchtchenko.

Mme Timochenko, très active sur le dossier du gaz depuis son retour au pouvoir fin 2007, veut aussi faire payer davantage la Russie pour le transit du gaz russe via l'Ukraine. L'accord de principe conclu mardi prévoit toutefois que le prix du gaz reste inchangé.

Bases de l'OTAN

MM. Poutine et Iouchtchenko, dont les relations ont souvent été tendues en raison des aspirations pro-occidentales du président ukrainien, ont paru jouer globalement la carte de la conciliation.

Le maître du Kremlin, très irrité par le projet de bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, a toutefois mis Kiev en garde contre la tentation de s'y joindre ou d'accueillir des bases de l'OTAN sur son territoire.

«Dire, même penser que la Russie, en réponse, pointera (...) ses missiles sur l'Ukraine, cela fait peur», a-t-il dit, dans une formule équivoque. (ats)

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