Union européenne: Accord politique sur le budget 2014-2020
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Union européenneAccord politique sur le budget 2014-2020

Cet accord doit encore être approuvé par une majorité qualifiée des 754 députés du Parlement européen, a averti son président Martin Schulz.

L'Europe est en passe de voir le bout du tunnel budgétaire.

L'Europe est en passe de voir le bout du tunnel budgétaire.

Les présidents des trois institutions de l'Union européenne (Conseil qui représente les Etats, Commission et Parlement) ont annoncé jeudi matin être parvenus à un accord politique sur le budget pour la période 2014-2020. Cet accord trouvé quelques heures avant l'ouverture d'un sommet européen doit encore être approuvé par une majorité qualifiée des 754 députés du Parlement européen, a averti son président Martin Schulz.

«Ce n'est pas un compromis facile à accepter (...) Je peux vivre avec cet accord et je peux le défendre, mas il va falloir se battre pour obtenir le soutien d'une majorité de députés», a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre irlandais Enda Kenny et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui avait organisé cette réunion de crise.

Une réunion des présidents des groupes politiques du Parlement européen a été convoquée en fin de matinée pour étudier l'accord politique. Le Parlement européen se réunit en session plénière à partir de lundi prochain. M. Schulz a dit espérer emporter leur soutien et pouvoir convaincre le groupe socialiste dont il est issu.

L'accord politique trouvé entre les présidents des trois institutions est un «compromis», a souligné M. Barroso. Il prévoit une large possibilité de flexibilité dans l'utilisation des crédits pouvant être mobilisés sur la période 2014-2020.

Actuellement, les fonds non utilisés sur un exercice ne peuvent être reportés sur l'année suivante ni transférés d'une politique à l'autre. Ils sont restitués aux Etats membres.

La flexibilité était exigée par le Parlement européen, mais les Etats ont cherché à la limiter dans le temps et dans les montants. Martin Schulz a laissé entendre qu'il n'était pas totalement satisfait par le compromis trouvé et il a mis en demeure les Etats de l'avaliser rapidement, dès la semaine prochaine.

L'unanimité des Etats est nécessaire pour avaliser ce compromis. M. Kenny s'est déclaré «confiant d'avoir le soutien de tous les Etats». Il va consulter ses homologues en fin de journée pendant le sommet et des déclarations sont attendues. Les plus suivies seront celles du Britannique David Cameron et du Néerlandais Mark Rutte, qui incarnent la ligne dure dans les négociations budgétaires.

Cet accord, s'il est avalisé par les deux parties, permettra d'engager dès l'an prochain 3,6 des 6 milliards prévus pour financer des actions en faveur de l'emploi des jeunes, thème principal du sommet.

Le cadre financier pluriannuel approuvé par les dirigeants européen en mars est doté de 960 milliards d'euros en crédits d'engagements et de 913 milliards pour les paiements pour la période 2014-2020. «Nous voulons être certains que les crédits de paiement seront réellement disponibles», a averti Martin Schulz. (afp)

Grève des fonctionnaires

Une majorité des 3000 fonctionnaires du Conseil de l'Union européenne étaient en grève jeudi, jour du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. Ils protestaient contre l'impact social des coupes dans le budget communautaire, a-t-on appris de sources syndicales.

«Cette grève est un signal très fort car c'est la première fois qu'un tel mouvement est organisé le jour d'un sommet», a indiqué Félix Géradon, porte-parole de l'Union syndical, le plus grand syndicat de la fonction publique européenne.

Cette grève intervient alors qu'un accord politique a été trouvé jeudi sur le budget de 960 milliards d'euros de l'UE pour la période 2014-2020, qui contient une réduction de l'enveloppe allouée à la fonction publique.

Elle ne devrait toutefois pas perturber le déroulement du sommet des 27 dirigeants qui doit débuter en fin d'après-midi dans le bâtiment du Conseil à Bruxelles. «On ne veut pas bloquer la construction européenne», a expliqué M. Géradon.

Un responsable du Conseil a également indiqué ne pas attendre de «perturbations notables», même si les services d'accréditation des journalistes et ceux de restauration étaient affectés.

Selon les estimations syndicales, près de 90% des 3000 fonctionnaires du Conseil, l'institution représentant les Etats membres de l'UE, suivaient jeudi le mouvement de grève, entamé mercredi et qui doit se poursuivre vendredi, second jour du sommet. Environ 5% des effectifs ont été réquisitionnés pour assurer, avec le personnel non gréviste, la bonne marche du Conseil, a-t-on indiqué de même source.

Polémique constante

Depuis plusieurs mois, les syndicats dénoncent le «recul du dialogue social» au sein du Conseil et «la logique purement comptable des réductions budgétaires et des effectifs». Ils protestent ainsi contre le projet de faire passer l'âge de départ à la retraite de 63 ans à 67 ans. Les salaires et avantages des quelque 55'000 fonctionnaires européens sont un constant sujet de polémiques depuis le début de la construction de l'UE.

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