Actualisé 12.10.2014 à 10:11

Grandes banquesAccord pour sécuriser le système financier

Les grandes banques du globe se sont mises d'accord samedi pour modifier les règles de fonctionnement du marché de quelque 7000 milliards de dollars de produits dérivés.

Cette mesure doit éviter que la faillite de l'une d'entre elles ne provoque l'effondrement du système financier mondial.

Ces établissements, allant des américains aux asiatiques en passant par des européens (dont UBS et Credit Suisse), ont accepté d'abandonner le principe du débouclage automatique («close out») des contrats si une institution financière se trouve en difficulté, a annoncé samedi dans un communiqué l'ISDA.

L'association internationale des swaps et dérivés (ISDA) est l'organisme représentant le secteur. C'est elle qui mène les négociations avec les autorités de régulation.

Selon elle, en cas de défaillance d'un grand établissement posant des risques pour le système financier («Too big to fail»), les banques vont mettre en place un délai pour donner davantage de temps aux régulateurs afin qu'ils trouvent une solution évitant une faillite «désordonnée» aux conséquences potentiellement explosives.

Précédent Lehman Brothers

Cette solution contractuelle vise concrètement à suspendre temporairement le débouclage automatique des contrats. La faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 avait donné lieu à un débouclage massif de contrats dérivés avec la banque, ce qui avait provoqué le chaos sur les marchés financiers.

Cet accord sera effectif à partir du 1er janvier 2015. «Cette initiative est un pas important pour réduire les risques d'une instabilité financière associés à une résiliation brusque des contrats», ont salué la banque centrale américaine (Fed) et le FDIC, deux des principaux régulateurs bancaires aux Etats-Unis dans un communiqué commun.

Avec UBS et Credit Suisse

Les banques auxquelles va s'appliquer cet accord sont: Bank of America, Bank of Tokyo-Mitsubishi, Barclays, BNP Paribas, Credit Agricole, Credit Suisse, Citigroup, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, HSBC, Mizuho Financial Group, Morgan Stanley, Nomura, Royal Bank of Scotland (RBS), Société Générale, UBS, Sumitomo Mitsui et UFJ.

Les produits dérivés sont des «assurances» négociées de gré à gré et sur lesquelles spéculent les investisseurs institutionnels. Leur but premier est de permettre aux firmes de se couvrir contre différents types de risques financiers. (ats)

La Fed ne causera pas la «prochaine crise» mondiale

Le numéro deux de la banque centrale américaine Stanley Fischer a rejeté samedi l'idée que la politique monétaire extrêmement accommodante des Etats-Unis pourrait être la source de «la prochaine crise financière». Depuis 2008, la Fed a déversé des milliards de dollars pour soutenir l'activité. «Certains critiques de notre action ont estimé qu'en menant un assouplissement monétaire depuis si longtemps, les Etats-Unis ont alimenté un boom mondial du prix des actifs et de la croissance du crédit qui pourrait semer les graines de la prochaine crise financière mondiale», a déclaré le vice-président de la Fed lors des réunions d'automne du FMI et de la Banque mondiale. Selon cette thèse, la fin de cette politique accommodante sera le «déclencheur» des prochains tourments financiers mondiaux. Le FMI a constaté un accroissement de l'appétit pour le risque sur certains actifs financiers. «Je suis bien plus optimiste», a toutefois ajouté M. Fischer. Il a assuré que la Fed saura mettre un terme progressif à ses mesures exceptionnelles en communiquant «clairement» ses intentions et sa stratégie.

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