Actualisé 06.05.2016 à 14:08

Crise migratoireAccord signé avec Ankara, pas avec son ministre

La chancelière allemande compte sur la Turquie pour respecter l'accord avec l'UE destiné à juguler la crise migratoire, malgré le départ du Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Angela Merkel.

Angela Merkel.

photo: AFP

«L'Union européenne et l'Allemagne vont aussi à l'avenir mettre en oeuvre toutes leurs obligations et nous attendons la même chose de la partie turque», a indiqué Georg Streiter.

Ahmet Davutoglu a annoncé jeudi son retrait prochain de la tête du gouvernement, une décision qui devrait consolider le pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier n'aurait notamment pas apprécié que son Premier ministre occupe le haut de l'affiche dans les négociations avec Bruxelles qui ont abouti à l'accord sur les migrants.

«La chancelière a jusqu'à présent très bien travaillé avec le Premier ministre turc Davutoglu et tous les responsables turcs. Et nous partons du principe que cette coopération bonne et constructive se poursuivra avec le nouveau Premier ministre», a relevé M. Streiter lors d'un point de presse régulier.

Le porte-parole a souligné que l'accord controversé sur les migrants pour mettre fin aux traversées de la mer Egée par les candidats à l'asile en Europe n'avait pas été signé «entre l'UE et M. Davutoglu mais entre l'UE et la Turquie».

Ce pacte, dont Mme Merkel est considérée comme le grand artisan, prévoit le renvoi en Turquie de tous ceux traversant clandestinement vers la Grèce. En échange, les Européens s'engagent à prendre un réfugié syrien pour chaque Syrien expulsé vers le territoire turc.

Mais le gouvernement turc a fait de l'exemption de visas Schengen pour ses ressortissants un enjeu de politique intérieure et menace, s'il ne l'obtient pas, de remettre en cause le pacte migratoire avec l'UE.

L'Allemagne est en première ligne dans le dossier migratoire après avoir accueilli 1,1 million de demandeurs d'asile en 2015. Mme Merkel a promis à ses concitoyens inquiets de réduire durablement l'afflux migratoire grâce à l'accord avec la Turquie.

Signe de l'inquiétude que suscite en Allemagne le départ prochain de M. Davutoglu, aussi bien la CDU, le parti de la chancelière, que les Verts (opposition) ont regretté le changement à venir à la tête du gouvernement turc.

«Pour toutes les questions importantes pour l'Europe, Davutoglu voulait rapprocher la Turquie de l'Europe. Erdogan très clairement ne veut pas ça», a dit selon l'agence dpa un responsable de la CDU, Norbert Röttgen.

«C'est pourquoi c'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe mais aussi pour la Turquie», a-t-il estimé. Une représentante des Verts, Katrin Göring-Eckardt a elle regretté le départ d'un «partenaire fiable». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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