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Accord signé en Côte d'Ivoire

Ouagadougou - Le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion Guillaume Soro ont signé dimanche un accord.

Il prévoit la formation prochaine d'un nouveau gouvernement et le départ à terme des Casques bleus et des soldats français déployés dans le pays depuis la fin 2002.

Les deux leaders ivoiriens, dont les émissaires ont entamé des discussions le 5 février à Ouagadougou avec l'assentiment de la communauté internationale, se sont mis d'accord sur une série de mesures qui doivent être appliquées «dans les dix mois» à compter de dimanche.

Cet accord est le premier résultat du «dialogue direct» entamé début février à Ouagadougou entre le camp présidentiel et la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôlent chacun une moitié de la Côte d'Ivoire depuis une tentative de coup d'Etat des FN contre M. Gbagbo en septembre 2002.

L'»accord politique de Ouagadougou» a été signé dimanche par MM. Gbagbo et Soro, en présence du président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise ivoirienne, et du chef par intérim de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, Abou Moussa.

Soro premier ministre?

Ce texte d'une vingtaine de pages prévoit la formation d'un nouveau gouvernement «cinq semaines après son entrée en vigueur» dimanche. Le gouvernement ivoirien, qui inclut des membres de l'opposition et des rebelles, depuis les accords de Marcoussis de janvier 2003, est dirigé par Charles Konan Banny depuis sa nomination en décembre 2005 par la communauté internationale.

Selon la presse ivoirienne, l'accord pourrait déboucher sur la nomination de Guillaume Soro comme premier ministre en remplacement de M. Banny.

L'accord prévoit également la suppression progressive de la «zone de confiance», un cordon démilitarisé qui s'étire d'est en ouest du pays. Quelque 7000 Casques bleus et 3500 soldats français y sont déployés sous mandat de l'ONU pour surveiller le cessez-le-feu entre les deux camps (présidentiel au sud, rebelle au nord).

«La zone de confiance sera supprimée pour permettre la libre circulation des biens et des personnes» et «remplacée par une ligne verte» avec des «postes d'observation» occupés par les Forces impartiales «dont le nombre sera réduit de moitié tous les deux mois jusqu'à leur retrait total», précise l'accord.

Reprise du recensement

Le texte prévoit également la reprise de l'identification des populations en vue d'élections sans cesse repoussées depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en octobre 2005. Il prévoit également à terme le désarmement, le démantèlement des milices et l'intégration des rebelles à la future armée ivoirienne.

De telles mesures sont prévues depuis des années par les divers accords internationaux et résolutions de l'ONU sur la Côte d'Ivoire, qui n'ont pu être appliqués jusqu'ici en raison des blocages politiques.

Lors de la cérémonie de signature, le président Gbagbo s'est dit «fier» et «content» de cet accord. «C'est la paix en Afrique et par l'Afrique. Tous les problèmes qui naissent en Afrique peuvent trouver des solutions en Afrique», a-t-il ajouté en estimant qu'»il est temps qu'on aille de l'avant, aux élections».

«Cet accord soulagera les souffrances du peuple ivoirien et permettra à la Côte d'Ivoire de reconquérir son leadership, a lancé le président Compaoré à l'adresse de MM. Gbagbo et Soro. (ats)

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